[Needlenaute du mois] Liseli

Par Stordigot le 4 juillet 2017 dans Needlenaute du mois

La needlenaute du mois est un peu particulière ce mois-ci puisqu'il s'agit de notre dernière recrue à la rédaction. Pétillante et motivée, nous vous présentons aujourd'hui Liseli.

Dans la vraie vie et sur le net, qui est Liseli ?

Dans la vraie vie, Liseli est suisse, d’où le pseudo qui est le diminutif suisse alémanique de mon prénom. Je vient de terminer une thèse en physique à Genève et je suis partie m’exiler à Paris.

Sur le net, Liseli n’existe que sur Thread & Needles pour concentrer toutes les informations sur mes expériences coutures à un seul endroit. J’aime beaucoup lire ce que d’autres ont pensé de tel ou tel patron et comme je suis plus grande que les tailles de patron standard (175 cm), je voulais garder un récapitulatif des modifications que je faisais sur mes habits. Peut-être que d’autres grandes en forme de poire en profiteront ? Ça a aussi l’avantage d’être meilleur pour la planète et pour mon emploi du temps ! Par contre, je suis nulle en auto-portraits, je n’aime pas ça et ce n’est pas mon but, mes photos sont donc vraiment pourries, désolée !

Mon choix de me concentrer sur cette plateforme d’échange m’a assez vite poussée à proposer mon aide pour rédiger des articles et gérer le site web. Merci beaucoup à toutes les rédactrices qui m’ont si agréablement accueillie et j’espère que les autres membres du site apprécieront les articles que je propose !



Comment es-tu tombée dans la marmite couture ?

Quand j’étais petite, il y avait encore des cours de couture à l’école – je vous rassure tout de suite, ils étaient mixtes, les cours d’économie familiale aussi ! – et j’ai donc appris à coudre avec Filou et Tricotine, Bible de la couture pour tous les petits romands. J’ai touché à beaucoup de travaux d’aiguille à l’école. Ma maîtresse de première année (= 6 ans) nous avait fait faire de la dentelle et coudre une jupe à la main. Pendant les cours de couture, nous avons appris la broderie, le tricot (j’ai découvert il y a peu que Filou et Tricotine tricotaient à la continentale), le crochet, le patchwork, l’appliqué, la couture à la main et à la machine Bernina analogique. Je n’ai d’ailleurs cousu que sur ce genre de machines !

Après les chefs-d’oeuvres plus ou moins réussis de l’école, j’ai laissé la couture et le tricot de côté jusqu’à l’adolescence. Là, je me suis cousu un sac seau sur la machine de ma mère en copiant le sac d’une copine, sac qui m’accompagne encore tous les jours au travail et j’ai tricoté un châle en point mousse et aiguilles 12 dans un drôle de fil qui ne ressemble à rien mais qui est étonnamment chic et qui m’accompagne toujours aussi.

Quand j’ai commencé ma thèse et reçu ma première vraie paie, j’avais décidé d’en investir une (bonne) partie dans une Bernina 1008, on ne change pas une équipe qui gagne. Ma mère et ma grand-mère ont finalement décidé de me l’offrir et j’ai commencé à rentabiliser l’investissement ! Quelques années plus tard, j’ai aussi reçu un tonneau de tissu de ma grand-mère – littéralement – et j’ai donc de quoi m’occuper un bon moment.

Comment définis-tu ton style ?

Est-ce que “utile” peut être considéré comme un style ? Ou expérimental ? J’ai les hanches assez marquées et je suis plutôt grande, je dois donc tout le temps modifier les patrons et j’en profite presque toujours pour rajouter une modification de plus. J’aime trop bidouiller pour utiliser un patron tel quel !

Même si ça ne ressort pas trop dans les photos de ma galerie, j’aime beaucoup les couleurs vives. Comme je veux pouvoir porter mes vêtements au quotidien et avec plusieurs options de combinaison, je me restreint un peu de ce côté-là...

Où trouves-tu tes inspirations ?

C’est Camille du blog decoudvite.com qui m’a motivée indirectement à me coudre des habits, bien que nous ne nous connaissions pas. Elle a un peu les mêmes goûts vestimentaires que moi et un peu les mêmes formes, ce qui est pratique pour se donner une idée du tombé d’un patron en vrai. Etonnamment, j’ai cousu beaucoup de Deer & Doe comme patrons ! Sinon, comme beaucoup, mes inspirations viennent de Thread & Needles, de la rue et surtout de ce dont j’ai besoin dans mon armoire… même si d’aucun diront que je n’ai absolument pas besoin d’habits supplémentaires !

En fait, mes vêtements sont surtout dictés par mon stock de tissu. En Suisse, le tissu est un produit de luxe et comme il y avait un super Emmaüs à dix minutes de mon travail, mon stock vient principalement de là-bas et du stock familial sur quatre générations. Je commence donc en général par avoir besoin ou envie d’un habit et puis je vais chercher dans mon tonneau à tissu si j’ai quelque chose en stock qui correspondrait. Comme je ne pense pas aux boutons ou à la fermeture éclair avant d’avoir terminé le vêtement, c’est en général à ce moment-là que l’habit peut tomber dans un trou noir. Je n’ai pas peur de coudre des boutonnières mais j’ai toujours peur de mal choisir mes boutons ! La seule exception à cette règle, c’est les boutons en Liberty à petites fleurs multicolores de ma Mélilot moutarde. J’ai choisi tout le reste pour pouvoir les mettre un maximum en valeur et je suis très heureuse du résultat.



Quel est ton chef d’œuvre ? Et ton échec le plus formateur ou le plus mémorable ?

Commençons par le négatif. Au début, avant de coudre avec des patrons, je n’avais pas conscience combien un patron qui n’est pas cousu beaucoup, c’est souvent parce qu’il ne va pas. La walk-away dress de Butterick, “faite en un après-midi”, dont le dessin technique est super joli mais dont la photo ressemble étonnamment à une blouse d’hôpital en est un très bon exemple. Quand en plus, vous faites ce patron avec un tissu acceptable pour rentrer au couvent (coton noir avec de très petites fleurettes blanches) et que vous décidez de casser le côté grand-mère avec du biais jaune LEGO… ben c’est vraiment très moche… Je n’ai malheureusement pas de photos de cet ovni à proposer car je n’ai pas réussi à trouver des boutons de fermeture adéquats.

Pour le chef-d’oeuvre, je suis particulièrement satisfaite de ma chemise Archer de Grainline Studio. J’avais lu partout qu’elle taillait très grand et finalement, j’ai suivi le tableau des tailles sans réfléchir et c’est le vêtement le mieux réussi que j’aie jamais cousu ! Les manches sont tout de même un tout petit peu larges aux poignets et un petit centimètre trop longues mais sinon, c’est la grande classe ! Il n’y a pas une seule couture apparente, même les coutures des emmanchures sont des coutures anglaises.

Si j’écoute les gens autour de moi, ma robe Arum est celle qui remporte le plus de succès. C’est drôle car elle a été cousue dans un tissu trouvé chez Emmaüs que je soupçonne avoir été destiné à une vie de rideau. J’ai fait plein de modifications par rapport à la robe de départ et quand je l’ai terminée, j’ai plutôt eu l’impression d’enfiler une robe d’hôpital mais en fait, elle s’accorde avec tout, se porte par n’importe quel temps et aime particulièrement les sous-pulls et les collants thermiques, ce qui permet d’aller au boulot bien habillée en se sentant en pyjama !



Quels sont tes projets futurs ?

J’ai commencé à coudre deux-trois choses pour homme récemment et il y a une forte demande pour de nouveaux caleçons, ainsi que pour la version finale d’un pantalon copié du commerce. Donc couture utile toujours mais altruiste. Et puis il faudrait quand même que j’arrive à me motiver pour me coudre des pantalons à moi aussi mais sur ce sujet, je me décourage un peu à l’idée de toutes les modifications à faire. Le pantalon homme est donc là pour faire toutes les bêtises sur un pantalon que je ne porterai pas !

Décris-nous le patron de tes rêves.

Mon patron de rêve, c’est un patron seyant pour les femmes à hanches larges et grandes, avec un maximum de versions possibles. Si c’est possible de rendre l'habit bi-face et si possible modulable comme une garde-robe entière, c’est encore mieux. Si en plus ledit habit peut m’aller même avec 5 kg en plus, c’est le nirvana. Les Belladones modulables de Tellestelle et de MlleCarnot me font bien rêver… Aussi, je ne suis pas particulièrement grande non plus mais ça me frustre d’être des fois déjà limitée par les tailles au niveau des hanches dans certaines marques de patrons… toute ma sympathie à toutes celles et ceux qui sont hors catégorie pour plus que les hanches seulement !



Quels conseils donnerais-tu à ceux qui voudraient débuter la couture ?

Faites ce qui vous plaît, si vous utilisez un patron, vérifiez à quoi il ressemble sur quelqu’un ayant votre morphologie, lisez et croyez les commentaires ! N’hésitez pas à faire des modifications sur les patrons et amusez-vous, au final c’est pour ça que vous avez commencé la couture, non ?

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A propos de l'auteur : Stordigot

Pétillante et colorée, elle ne manque jamais d'enthousiasme et d'énergie, que ce soit en couture ou au service de l'équipe de rédaction de T&N.

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Commentaires

tellestelle (il y a 2 semaines, 4 jours)

Ravie d'en découvrir un peu plus sur toi ! Et puis la petite surprise en lisant ton portrait : "Eh mais on parle de ma Belladone là ! "wink

Bravo pour tes réalisation et j'ai hâte de lire tes articles ici...

MlleCarnot (il y a 2 semaines, 4 jours)

Très joli portrait ;)

Tout comme Estelle c'était une super surprise de trouer mon pseudo au milieu de cet article. Cela me fait super plaisir parce que Thread&Needles m'a permis de découvrir pleins de couturières et de partager ma passion. Ainsi T&N m'inspire beaucoup, donc si c'est réciproque c'est vraiment génial :)

Liseli (il y a 2 semaines, 1 jour)

Ça m'a fait un peu rougir de me voir en une d'article...Heureusement, maintenant que c'est fait, plus besoin de repasser par là!

Merci à vous, tellestelle et MlleCarnot (et tous les autres bien entendu!) pour vos partages toujours si intéressants!