[Discussion] DIY et post-féminisme

Par Saki le 8 mars 2012 dans Discussions

Aujourd'hui, c'est la journée internationale des droits des femmes. L'occasion de se questionner sur le retour en force de la couture et du DIY, et leurs implications. Nous ressortons donc avec plaisir de nos tiroirs cet excellent article de Saki, toujours d'actualité. [NDLR : Et les hommes dans tout ça ? Hommes qui aidez, cousez, tricotez, bricolez, et militez pour l'égalité dans le couple, on veut votre point de vue sur la question !]

Tout a commencé par une interview d'Elisabeth Badinter parue dans un célèbre magazine féminin

harder-cuter-she-looks1interview sur laquelle je suis tombée en plein milieu de notre semaine écolo ; s'en est suivie une discussion avec un bon nombre de mes amies et collègues qui m'a fait réaliser à quel point le sujet était complexe et sensible. De quoi est-ce que je parle au juste ? De l'idée pas si saugrenue selon laquelle l'écologie et la crise sont en train de renvoyer les femmes dans leurs foyers. Entendons-nous bien, je ne dis en aucun cas qu'être une femme au foyer est un mal, du moins tant qu'il s'agit d'un choix assumé. Ceci dit il y a de quoi se poser quelques questions, et depuis peu je fais ma tournée journalière des blogs avec un œil tout neuf : on y trouve des recettes enthousiasmantes pour réaliser soi-même de merveilleux produits d'entretien bio, des couches lavables ingénieuses faites en prime de jolis tissus, des tutoriels bluffants pour des écharpes de portage... Tant de bonnes idées qui au final tournent toutes autour d'une tendance générale: pour le bien de tous (de la planète, de nos enfants ou de ceux des autres, de notre santé, de notre portefeuille, du crémier et du chien de la crémière...) nous devons revenir aux méthodes traditionnelles de nos grand-mères !

Allons bon, tout à coup tout ce que l'on considérait comme un progrès serait donc à éliminer ?

Adieu couches, biberons en plastique et plats préparés, adieu précieux gain de temps, bonjour culpabilité. Ceci dit, outre l'aspect "action citoyenne", cela peut avoir quelques côtés agréables, surtout quand comme nombre d'entre nous on apprécie les activités manuelles et le DIY*, mais comment faire si on travaille ? Parce que tout ça c'est drôlement chronophage quand même. Je le sais, j'ai admiré ma mère toute ma vie pour ça ! Ma mère donc, comme d'autres femmes de sa génération, était Superwoman en personne : un travail à plein temps, un mari très pris par son boulot, deux enfants du genre casse-cou et au solide coup de fourchette, une machine à coudre qui tournait raisonnablement, une grande maison à entretenir, à retaper aussi (c'est elle qui m'a appris à peindre et bricoler)... Au moment où j'envisage de fonder une famille, je me demande si je serais un jour à la hauteur, et voila qu'en prime je commence à sentir une sacrée pression puisqu'en plus de tout cela je devrais être New Superwoman, la même mais en plus écolo et économe. En théorie, je vote pour, en pratique je ne sais pas comment je vais trouver le temps et, je l'avoue, cette idée me cause quelques angoisses. Et quelque part au fond de moi il y a aussi une petite rebelle qui se demande pourquoi on jette l'opprobre sur les fabricants de couches trop polluantes, au lieu, par exemple, de les encourager à avoir une production plus écologique. Bien entendu, l'idée de rester chez moi à m'occuper de mes éventuelles futures merveilles tout en leur cousant de délicieux vêtements n'est pas pour me déplaire, mais mon petit doigt me dit (à tort ou à raison) que tout cela relève plutôt du fantasme et qu'en vérité je me retrouverai rapidement en train de tourner en rond, désespérée d'avoir perdu mon indépendance financière, avec des minots qui trouveront vite ringard de porter des vêtements homemade alors que leurs copains ont tous des tenues à la mode achetées en magasin.

A ce stade, il y a un chiffre important à rappeler: 27 %.

C'était en 2006 l'écart de salaire moyen entre hommes et femmes en France. Dans ces conditions malheureusement, quand la charge de travail à la maison est trop importante et qu'on décide que l'un des conjoints doit arrêter de travailler, la question n'est pas forcément de savoir qui en a le plus envie mais simplement quel salaire est "dispensable" ou qui a le poste le moins intéressant, et c'est souvent la femme qui quitte son travail. Je causais plus haut de discussions que j'ai eu avec des amies et "collègues", toutes adeptes du DIY* ; il en ressort une crainte générale de perdre l'idée de coudre/tricoter/cuisiner pour le simple plaisir : du loisir on risque de passer sans s'en rendre compte à un genre d'esclavage entretenu par une idée de perfection, à force de surfer d'un blog à l'autre (car oui, nous formons une petite communauté soumise aux même codes que le reste de la société, et si la majorité affirment que faire les choses d'une façon est bien, il peut être difficile d'aller à contre courant). Certaines évoquent également le retour au manuel comme une opposition à l'héritage féministe de nos mères parfois lourd à porter, une façon de se démarquer. Il en est de même de la volonté affirmée d'être mère au foyer, quand ce n'est pas forcément le travail le plus valorisé qui soit par nos mères elles-mêmes.

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Voila, je viens à vous avec beaucoup de sujets de réflexion

mais aucune réponse, simplement l'envie d'en parler, d'apprendre quelles sont vos expériences, vos avis sur le sujet. Je suis certainement passée à côté de pas mal de choses, peut être trouvez-vous que j'ai des idées préconçues sur le sujet... C'est le moment de vous jeter sur votre clavier : tout le monde a son mot à dire, l'équipe de T&N est là pour vous écouter. * DIY : do it yourself, c'est à dire "fait maison".

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A propos de l'auteur : Saki

Autodidacte, touche-à-tout et téméraire, Saki est une crash-testeuse de l'extrême doublée d'une artiste talentueuse.

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Commentaires

Chrysopale (il y a 5 années, 8 mois)

C'est vrai que le sujet est vaste, et qu'il n'y a pas de réponse universelle à tout ça... Je pense que tout est une question de choix personnel.

Personnellement, j'ai voté pour un travail à temps partiel, qui me permet une certaine indépendance financière tout en ayant le temps de me consacrer aux tâches ménagères (j'aime cuisiner) et aux loisirs créatifs.

Le féminisme, c'est quoi exactement? Féministe peut-être, mais la supériorité de l'homme dans le ménage (financière et en tant que chef de famille) ne l'empêche pas et ne me dérange absolument pas.

Faire le maximum moi-même, je ne le fais pas uniquement par souci d'écologie ou de consensus, mais parce que j'ai toujours été attirée par le naturel (attention, je n'ai pas dit bio) : avoir le moins de produits possibles, le moins toxiques possibles, et réussir à tout faire avec, je dit OUI !
Mais sans passer trois heures par jour à faire des préparations, ça reste simple (simple exemple, j'ai quelques produits dans mon armoire à beauté, aucune préparation à faire, et ça me permet de faire tous mes soins de beauté. Le "pire" que j'ai est un mélange à faire dans ma main avant application.)

Je veux dire, il doit y avoir moyen de trouver un juste milieu dans tout ça, et l'important est de se sentir bien, peu importe ce que les autres disent. La perfection n'existe pas, et il faut tout faire pour garder sa joie.
J'ai passé une semaine sans coudre? Pas grave !
On va manger des frites ce soir parce que la flemme pour une fois de cuisiner? Pas grave !

Et puis, je pense que parfois, le féminisme va dans les excès inverses... à cause de ça, les hommes n'osent plus se montrer galants.
Ce n'est que mon avis personnel, mais n'empêche qu'il doit y avoir une raison qui fait que j'ai croisé beaucoup de filles qui rêvent d'un homme, un vrai, comme au 19e s. par exemple, prêt à se battre pour protéger celle qu'il aime.

Chrysopale (il y a 5 années, 8 mois)

Je me relis, je vois que j'ai oublié de préciser que lorsque je parle de "supériorité de l'homme dans le ménage", je ne veux pas dire qu'il ne doit rien faire à la maison, bien au contraire ! Les tâches ménagères, c'est plus facile si on les partage.

nessie (il y a 5 années, 8 mois)

Chrysopale > je comprends ton point de vue, par contre je pense que beaucoup de jeunes filles sont dans la romantisation et le fantasme de l'homme macho. Elles n'ont pas vécu la véritable oppression masculine (celle qui obligeait par exemple la femme a être à disposition sexuelle de l'homme et qui ne condamnait pas le viol conjugal...)

Personnellement je suis pour l'égalité parfaite dans le couple, et mon compagnon aussi ça tombe bien :) . Pas de galanterie chez nous, mais des attentions mutuelles, et un partage équitable des tâches (et quand l'un a un rush de boulot, l'autre compense un peu sur l'intendance).

Concernant le retour du DIY, ce qui me gène est qu'il est accompagné de toute une manière de penser qui sous entend que c'est forcément la FEMME qui couds et fait les petits pots à la maison. Et comme pour la cuisine avant cela, le cliché comme quoi les femmes font forcément de la couture utilitaire et du reprisage alors que les hommes font de la Haute couture est bien vivace... et ça a tendance à me mettre en rogne comme vous vous en doutez ;)

Marie Fo (il y a 5 années, 8 mois)

Merci pour cet article qui fait état d’une question difficile... personnellement, je vis la couture et le tricot comme des activités qui me permettent d’être créative, et en plus, de faire des trucs utiles. L’idée de ne pas dépendre du made in china pour m’habiller me plaît bien.
Cela dit, c’est vrai que dans l’inconscient collectif, elles sont souvent considérées comme des activités ringardes (le tricot, c’est pour les mamies, c’est bien connu) ou abaissantes (dans le sens où, effectivement, elles peuvent être interprétées comme le corollaire d’une situation où la femme est obligée de rester à la maison, pour diverses raisons financières ou culturelles).
Je crois que le plus important, c’est que le DIY reste un plaisir, et non une obligation, et que ce soit une manière d’exprimer sa liberté (liberté créative, liberté par rapport aux marchés et aux gros réseaux de la consommation, etc). Il faut (c’est mon avis, en tout cas), qu’il soit complètement dissocié de toute culpabilité ; bref, que ça reste relativement léger (même si porter une robe aux finitions impec, ça fait bien plaisir !!).
J’ai hâte de lire votre point de vue !

luzerne (il y a 5 années, 8 mois)

Sujet très intéressant, moi je me retrouve au chômage depuis une semaine, et je dois dire que si ce n'était la question de l'argent, ça me plait bien ! j'ai enfin tout le temps que je veux pour coudre,lire, bricoler, cuisiner... M'enfin j'ai aussi l'impression que si je decidais de passer ma vie comme ça, je serai "montrée du doigt" comme étant anti-féministe ou je ne sais quoi, et par ailleurs, je ne suis pas sure que mon homme serait ravi de se tuer à la tâche pour m'entretenir, même si je lui prépare de bons petits plats ! par contre, trouver un emploi à temps partiel, si ça me permet de payer ma part du loyer et d'avoir du temps pour moi, effectivement, je n'ai rien contre !

Chrysopale (il y a 5 années, 8 mois)

Nessie : je suis entièrement d'accord avec toi (j'ai parfois du mal à exprimer ce que je pense...). Je suis moi-même partie dans un excès dans mon commentaire, mais je pense être réaliste dans mes idées. Je ne suis pas non plus pour la romantisation et le fanstame de l'homme viril etc. Je parlais en général là, bien sûr qu'il y avait des excès, et bien pires que maintenant, et il ne faut pas dénigrer les progrès qui ont été faits depuis.

Attentions mutuelles... c'est mieux que galanterie en effet, je ne l'aurais pas si bien exprimé. Et comme j'ai bien dit, je suis pour le partage des tâches.

Sinon, comme dit Marie Fo, c'est vrai, le DIY doit être un moyen de se libérer, à tous points de vue, pas de s'enfermer. Et c'est hélas souvent le cas, car c'est vrai qu'on pense plus souvent aux femmes qu'aux hommes lorsqu'on parle de DIY (et pourtant, des hommes qui savent coudre - pas de la haute couture, du quotidien - ou tricoter, je trouve ça absolument génial).

ZAVA (il y a 5 années, 8 mois)

Que vous dire du haut de mes cinquante années passées sur cette terre ....A quatorze ans ma première manif c'était pour le droit à l'avortement . Depuis du chemin parcouru pour les femmes mais aussi je le pense des retour en arrière : Nos corps restent des marchandises , mais comme le féminisme est passé par là ,et que le pouvoir de l'argent est très fort le corps des hommes et des enfants deviennent aussi des enjeux économiques : développement de produits cosmétiques de vêtements jusque là réservés aux femmes . Sans compter sur le développement de la prostitution masculine . Alors est-ce l'égalité ?
Malheureusement comme le disait mon ex mari , les femmes restent souvent responsables de l'intérieur et les hommes de l'extérieur : Tout le monde comprend?
Ici nous nous passionnons pour la couture le fait main et j'en fait parti , mais nous exprimons notre créativité avec plaisir uniquement dans un cadre qui nous est autorisé . Ca me plaît quand même d'être là avec mes machines à coudre , mais je reste bien consciente de ne m'exprimer que dans un cadre que la société m'a formaté . Je ne suis pas en colère , mais il est vrai que que tout ces retours au fait main couches lavables allaitement .....etc naissent sur fond de crise économique où il serait bon que que les femmes restent à l'intérieur . Quel est notre véritable liberté de choix ? J'ai des doutes . Nous cousons certaines sont brillantes , mais les grands couturiers sont des hommes , une femme Coco Chanel a elle pris sa place , le prix à payer : renoncer à sa vie affective .
Ma conclusion c'est toujours difficile d'être femme , j'ai choisi de donner la priorité à ma vie de famille et affective bien qu'ayant toujours travailler , je n'ai pas de regret , mais je pense que jamais les hommes n'ont ce choix à faire , et là il reste une grande injustice .

Petite-fleur (il y a 5 années, 8 mois)

C'est vraiment interessant comme discution, par exemple ma mère n'a jamais touché une machine a coudre, ne pourrai pas coudre un bouton pour sauver sa vie. Je ne l'ai vue que rarement faire a manger, c'est toujours mon père qui est derrière les fournaux. Moi j'aime etre creative, et la couture est un exellent moyen pour moi d'exprimer mes envies. Mon (tout recent) mari est tres creatif aussi, mais il l'exprime par la peinture ou meme grace au jardinage. Et lui sait coudre, il a meme voulu que je lui apprenne a tricoter (mais apres trois rangées de points mega serré, il a jetter l'eponge). En Angleterre, on apprends encore a coudre a l'ecole, filles et garcons, je trouve ca improtant!
Apres je suis completement d'accord avec Nessie, chez nous aussi c'est des attentions dans les deux sens, quand je suis debordée de travail, il prend le relai, quand il a une grosse semaine c'est moi qui gère...

papelhilo (il y a 5 années, 8 mois)

olàlà, quel sujet ... ce n'est pas une question de société mais une vraie question existentielle, dès lors qu'on envisage de vivre en couple et/ou d'avoir des enfants ...
à relire d'urgence : le deuxième sexe de Simone de Bauvoir !

pour moi, le problème du déséquilibre dans le couple survient avec l'arrivée des enfants : sans, la répartition des tâches est parfaite, avec, il y a une différence de statut moral quasi insurmontable entre elle (qui stresse pour la bouffe, l'école, etc ; qui gère qui porte quelles chaussettes et quand il faut renouveler le stock ...) et lui (qui souvent voit plus loin et aurait tendance à se consacrer à "l'essentiel" au mépris des nécessités quotidiennes ...) et alors là, de toutes façons, on est cuites !!
du coup, le DIY c'est juste une tentative pour tout concilier : économie, écologie, confort (manger plus sain, par ex) et peut-être aussi une dimension créative-artistique qui nous donnerait une autre forme de reconnaissance (car qui admire réellement le fait que les enfants soient nourris/habillés chaque jour et le ménage fait ?? hein ?).
Tout ça n'engage que moi ... avec le recul, bizarrement, j'ai la sensation que j'ai plongé dans le DIY autant par nécessités matérielles que psychologiques : sortir du rôle de mémère au foyer (tout en assurant de ce côté-là quand même) et tenter d'approcher l'étiquette ô combien plus noble de "l'artiste" !!
Alors, non, le féminisme n'est pas mort même quand on parle de DIY !

papelhilo (il y a 5 années, 8 mois)

Autre chose : histoire de tenter de faire évoluer les choses à minuscule échelle : j'apprend à coudre, à tricoter, à TOUS mes enfants, garçons et fille (ils ont passé les vacances à coudre des petits oiseaux en tissu !) et à en être fier (s'ils aiment ça, évidemment, c'est pas une obligation non plus!)

lnlap (il y a 5 années, 8 mois)

Merci pour ce sujet qui me questionne souvent, moi qui fut militante féministe. Je rejoins Papehilo, avant les enfants c'est assez simple, mais le congé maternité déséquilibre tout, la femme ne travaille plus, elle prend en charge les repas, le ménage, le bébé qui arrive etc... et à la reprise du travail l'équilibre est très difficile à remettre en place, c'est un combat contre soi même, son conjoint et son entourage... J'ai mené ce combat après mes deux premières grossesses, et au troisième congé mat, j'ai décidé de ne pas retomber dans ces travers, donc il fallait que je "m'occupe" et que je "justifie" le fait de ne pas tout faire à la maison. Je me suis donc lancée dans la couture d'abord utile (déco de la maison) puis la blogosphère m'a entraînée vers d'autres réalisations. Cette passion m'a permis de laisser la place au papa pour gérer les repas, la préparation du sac à langer etc... Et d'être valorisée par mon entourage...
Donc le DIY m'a libérée...
MAIS, le retour au boulot a été compliqué, parce que je n'ai plus assez de temps pour suivre le rythme des blogueuses, et que par exemple ne pas réussir à participer au défi les 2 font la paire entraîne beaucoup de frustration et de dévalorisation, on recommence à se dire qu'on est nulle... C'est le côté pervers de la chose et c'est là qu'il faut être assez forte psychologiquement pour se dire que tant pis, on ira s'acheter un pantalon chez pr*mod et que ce soir on bouffe du plat tout prêt... En tous cas, pour moi, le diy ne peut pas remplacer un travail et surtout mon indépendance financière, je dois donc accepter de ne pas tout faire et je me dis souvent que je ferai plus quand mes enfants seront plus grands et que j'aurai plus de temps.

Gwendolyn (il y a 5 années, 8 mois)

A mon avis cette envie d'être femme au foyer est aussi le résultat du stress au travail et le management de certaines entreprises. On a souvent envie d'une vie plus calme pour en profiter au maximum quand nous sommes encore en bonne santé. Mais pourquoi femmes au foyer et pas hommes au foyer? Je suis aussi dans un partage équitable des tâches et s’il devait y avoir qu'une personne à travailler dans notre couple ça serait certainement moi, et j'aurais tout mon temps libre pour mes loisirs de femmes, couture, tricot, et même les loisirs d'hommes jardinages,...et évacuer le stress du travail.

moun (il y a 5 années, 8 mois)

Vaste sujet que l'égalité entre femme et homme. Ce qui me gêne énormément dans le DIY c'est l'absence quasi total des hommes dans ce domaine, il n'y a qu'à regarder les membres du forum pour s'en rendre compte.

En fait nous sommes les héritières du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, (on le voit très bien dans les livres de Jane Austen par exemple), où les femmes étaient associées aux arts déco et aux loisirs domestiques (peinture de fleurs, broderie, couture etc...), ça faisait partie de la bonne éducation pour devenir une épouse accomplie et agréable. Mais bien sûre l'Art c'était pour les hommes.
Malheureusement la situation n'a pas vraiment changé, comme on le disait les femmes c'est pour la couture "domestique" (attention je dis pas que c'est mal d'ailleurs je suis globalement contre la hiérarchie dans les pratiques artistiques) aux hommes la Haute couture.

Comme beaucoup ici, la couture est un moyen d'expression artistique mais c'est aussi un choix idéologique de ma part de m'investir un domaine dit féminin.

Voilà pour celles et ceux que la réflexion sur les femmes et l'art intéressent, cet article de linda Nochlin est une bonne entrée en matière :
Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grande artiste femme ?1971, Linda Nochlin.

Fanny (il y a 5 années, 8 mois)

Joli article interrogeant et modéré... Je me souviens du tollé Elisabeth Badinter sur la blogosphère, forcément sureprésentée en happy housewifes fières de l'être... et souvent un poil culpabilisatrices aussi...
En fait, on est sur une question à la fois hautement sociale, politique, et en même temps existentielle et personnelle. D'où les tiraillements, rancoeurs, qui y sont liés. Personnellement, 3 enfants, un mari qui travaille en moyenne 70 à 80 heures la semaine, boulot à temps plein et grande et vieille maison pleine de trucs à retaper, bricoler...
Je vis la contradiction en permanence, avec la frustration qui va bien avec. L'équilibre n'est pas simple à trouver...

tipia (il y a 5 années, 8 mois)

Et si nous commencions par cesser de considérer que le DIY couture, tricot... est nécessairement une activité féminine?!
Cela pourrait se traduire notamment par le langage, par exemple, en évitant ici sur ce site, les expressions du type "allez les filles", les accords systématiquement au féminin, ou en allant des choix de sujets ou illustrations qui ferait une place aux hommes (qui ne serait pas uniquement celle du commentateur/spectateur/conjoint qui marche sur les épingles/ qui accepte bien gentiment de porter un bonnet en laine qui gratte...)
Au delà de la dimension anecdotique de ma proposition, je crois vraiment que le féminisme au quotidien se traduit par des choix et des actes qui n'opposent pas ce qui serait une communauté de femmes avec ses loisirs et ses responsablités domestiques à ce qui serait une communauté d'hommes avec ses devoirs sociaux. Autrement, on persiste à reproduire un modèle.
Bref, vive le partage des tâches ... et des loisirs!

nessie (il y a 5 années, 8 mois)

tipia > tu as tout à fait raison. Aux débuts de T&N, nous écrivions systématiquement des articles non-genrés, sans allusion au sexe du lecteur. Nous nous sommes progressivement relâchées sur ce point, mais ta remarque remet les idées en place !

Lirbis (il y a 5 années, 8 mois)

Ce qui me rend un peu triste dans cet article et dans les commentaires, c'est le côté impératif du féminisme. Hors du féminisme point de salut ?

Je veux bien vous croire quand vous ressentez une pression de la société pour être la femme-mère-épouse-employée parfaite ! La société nous en demande trop. Mais, c'est le féminisme qui nous pousse à être aussi parfaite en voulant être l'égal de l'homme !

Ce que je trouve dommage c'est ce besoin d'égalité qui ne peut exister rien que part nos physionomies différentes ou notre façon de penser et d'appréhender la vie quotidienne. Je suis contre l'égalité homme-femme mais pour la complémentarité entre les deux sexes !

D'ailleurs, je suis contre aussi la journée de la femme. Journée totalement discriminante car y a t-il une journée de l'homme ? Sommes nous à ce point en perdition pour que la France pense à nous spécialement pendant une journée ? Les hommes doivent ils penser à la femme qu'une fois par an ?

Douce Dodie (il y a 5 années, 8 mois)

Pourquoi me DIY ne s'applique qu'à la couture, au tricot... le bricolage c'est aussi du DIY non?...c'est le fait de créer le principal, ni comment ni avec quoi...

J'ai la chance (?) d'avoir un compagnon, père de nos deux enfants, qui cuisine, repasse, fais le ménage, ... alors que je suis plus peintures et montage des meucles en kit...A la maison, même avant d'avoir des enfants, c'est le partage de toutes les taches qui prévalait et c'est toujours le cas, la seule différence c'est que les enfants font eux auusi leurs parts (n'appelez pas la DASS S'il vous plait!).
Nous travaillons entre 50 et 60 heures par semaines tous les deux et c'est à celui qui est présent de gérer la maisonnée, quelle que soit la tache qui se présente : repas, médecin pour les petits, réapprov en chaussettes de sport, ...

J'ai découvert la couture par hasard il y a 2 ans environ, alors que rien ni personne de m'y prédestinait et c'est devenu un besoin aujourd'hui. et pourtant, je ne suis absolumen pas féministe, je serait plutot "chaqun fait ce qui lui plait et emm*rde le monde...iste". Ma meilleure amie à fait le choix de rester à la maison pour s'occuper de ses enfants (et elle ne couds absolument pas, pas de DIY du tout!!!) mais c'est SON CHOIX!!! et c'est vers celà que l'on devrait tendre non???

nessie (il y a 5 années, 8 mois)

Euh par contre, j'ai l'impression qu'il y a une petite incompréhension par rapport à la définition du féminisme : le mouvement féministe ne cherche pas à forcer les femmes à être des superwomen ou à adopter certains choix de vie mais se bats pour qu'elles aient le DROIT de faire les mêmes choses que les hommes et d'être reconnues de la même manière, et que ces droits ne reculent pas :)

Lirbis > je suis d'accord avec toi, l'homme et la femme sont fondamentalement différents ne serais-ce que par leur morphologie. Par contre le problème survient lorsqu'un sexe est dévalorisé par rapport à l'autre.
Par exemple les activités traditionnellement "du domaine des femmes" (sob) sont systématiquement associées à l'entretien du foyer ou à la futilité (je subis moi même régulièrement des moqueries (gentilles) de mes collègues masculins lorsque je parle de couture, systématiquement associée au tricotage de pull et pas à la haute couture bien sûr.....)

léna (il y a 5 années, 8 mois)

philo, socio, ces matières n'ont jamais été mon point fort...probablement parce que je n'étais pas de l'avis du prof??? je ne sais pas, mais je vais qd même essayer de participer à cette discussion!

je trouve un bel avantage de vivre maintenant, c'est que dans la plupart des cas, on a le choix désormais.
Entre la génération où tout était à faire soi même, couches, linge, cuisine, ménage, et où çà prenait du temps, avec des familles nombreuses, la femme n'avait probablement pas d'autre choix que de rester à la maison...
Et puis il y a eu la révolution, la modernité, les trucs tous prêts à consommer/utiliser, la contraception, les femmes aux travail, les femmes de ménage, bref, si tant est qu'on en avait les moyens, il suffisait d'ouvrir le porte monnaie pour se sentir libre...
Et maintenant, moi, je ne vois pas çà comme un retour en arrière, juste comme une pondération de cette société devenue "de consommation". Il y a des choses que j'ai envie de faire moi-même, d'autres pas, des moments où, d'autres pas...Et j'ai le choix, et en plus je me sens de moins en moins jugée pour ces choses là...ne pas donner de lait artificiel à mon bébé? çà interroge pour le premier, çà semble normal pour le 2e "c'est son choix, pourquoi pas?" utiliser des couches lavables? idem. faire les repas de mes loulous moi même? pareil. Mais qd la situation ne me le permettait pas, pas le temps, du boulot, pas envie, sans scrupule j'achetais du tout fait...

alors j'imagine que qd je me suis mise à la couture les réflexions ont été les mêmes, mais maintenant je vois bien que les regards ont changé...On a cette chance désormais, de faire comme on veut sans être pointées du doigt ou cataloguées, et c'est génial!

bon, ceci dit, attention à ce que tout çà ne recule pas vraiment....en cette journée DES DROITS de la femme, et oui, on oublie souvent ces 2 mots qui sont qd même les plus importants, sachez que certains st en train de reculer...beaucoup de centres d'IVG ont dû fermer en 2011, encore et toujours des petites maternités, et combien d'entre vous peuvent affirmer avoir choisi leur moyen de contraception réellement, en ayant eu des explications et des conseils, sans que le médecin l'ait imposée -même avec gentillesse-? Ces choses là sont purement féminines, et notre choix pour ces choses là sont vraiment en train de reculer...bientôt il n'y aura plus que des usines à bébé, l'accès à l'ivg sera difficile, et c'est maintenant qu'il faudrait commence à se battre...

et là je vais terminer en faisant ma pub, je suis sage-femme, nous sommes conscientes de ces choses qui ne sont pas mises en valeur dans les médias, nous essayons de nous battre pour çà, mais nous ne sommes pas nombreuses et peu de gens nous entendent...

si vous voulez nous aider à être plus fortes, à avoir un statut qui puisse enfin faire tomber les murs d'opposition qu'on dresse devant nous, qu'on soit enfin reconnues pour nos compétences, qu'on puisse enfin vraiment choisir avec vous la contraception qui vous convient, vous accompagner comme vous le souhaitez pour l'accueil de votre bébé, vous pouvez signer cette pétition:

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N21196

et pour finir par une note un peu plus chantante, je vous envoie Catherine Ringer, formidable interprète féminine de l'année, qui représente ma foi très bien cette journée DES DROITS de la femme....

http://www.because.tv/news/catherine-ringer-nos-maternites.html

merci de m'avoir lue!

tipia (il y a 5 années, 8 mois)

@Lirbis, ce n'est pas la journée de la femme mais la "journée internationale des droits des femmes", pour que précisément, partout dans le monde, soit défendue l'idée que hommes et femmes ont les mêmes droits, ce qui permettrait ensuite à chacun d'avoir le choix d'envisager - ou pas - l'égalité au quotidien et de mener sa vie comme on le souhaite!
@Nessie, joli clin d'oeil que ce choix de sujet aujourd'hui! Merci d'avoir enclenché ce riche débat :)

Kaptha (il y a 5 années, 8 mois)

En tant qu'homme, je n'ai jamais eu l'impression qu'il existait une pression societale afin que les femmes "retournent a la maison". Autour de moi, je vois des hommes en demande de femmes plus libérées, des femmes qui travaillent, qui font le premier pas, qui assument leurs envies professionnelles et amoureuses.

Je ne prétend pas que l'Homme traite miraculeusement la femme comme son egale, mais je crois que les choses évoluent, et qu'il ne faut pas lâcher l'affaire.

Je pense toutefois que les amatrices du DIY sont parfois victimes de pressions. la première viendrait, comme le dit l'article, des meneuses en mode happy housewives qui intègrent un choix de vie au point de culpabiliser les autres. Est-ce a cause de la crise ? Peut-etre. En ces temps parfois incertains, on aime a se réfugier dans des valeurs traditionnelles, et plus le prix a payer est lourd, plus on se dit qu'on souffre pour "mériter" quelque chose.

Peut-etre que cette pression vient de la nature-meme d'Internet. J'ai un loisir "de garçon", le jeu vidéo. Combien de fois je me suis fait brocarder a cause de mon niveau insuffisant ? Mais c'est que j'ai un travail, une petite amie et une maison a tenir ! J'ai parfois l'impression que pour etre au niveau acceptable, je devrais être chômeur et célibataire... Internet rend tout virtuel, et il y est si difficile d'y apprécier tous les sacrifices que les gens font pour leur passion...

Quoiqu'il en soit, mesdames, j'espère que vous continuerez a faire ce que vous aimez et a vous battre pour obtenir la place qui vous est due dans la société.

Marie Fo (il y a 5 années, 8 mois)

un lien sur lequel je viens de tomber, pile poil dans notre discussion :
http://www.lemonde.fr/m/article/2012/03/08/le-poids-des-mots_1654321_1575563.html

Margot (il y a 5 années, 8 mois)

Je suis assez d’accord avec Kaptha, il y aura toujours des happy housewives ou des militantes féministes pour nous faire culpabiliser. Et au final ce qui est difficile c’est d’imposer son CHOIX, sans se sentir obligée de se justifier, ni se sentir coupable de pas avoir fait comme les gens autour de nous voulaient qu’on fasse. Chacun devrait pour voir se sentir libre de faire comme il le souhaite. Travailler ou être au foyer, couche jetable ou lavable, lait maternel ou en poudre, plat préparé ou fait maison, neuf ou occaz…
Je déplore également que toute cette pression « écolo » retombe sur nous plutôt que sur les industriels, qui produisent sans se soucier de la pollution de leur usine ou des composés chimiques qu’ils rajoutent dans leurs produits.
Pour ce qui est du DIY, je pense que ça vaut également pour les hommes (une partie tout du moins). il y en a qui bricolent sans arrêt, pas juste parce que c'est leur rôle d'homme, mais pour ne pas racheter quelque chose qui peut être réparé (ou pour ne pas avoir à payer la réparation): faire les étagères en bois, les lits des enfants, réparer la voiture, la chaine hifi... tout ça prend également du temps.
En ces temps de crise, au lieu de racheter, on bricole, on répare, on coud… et ça rassure de revenir à des valeurs du passé sur lesquelles on peut s’appuyer, elles ont fait leurs preuves…

MarieC (il y a 5 années, 8 mois)

Merci pour la précision des DROITS des femmes, j'ai tellement entendu que c'était la journée de la femme que j'avais zappé l'info et j'avais classé la journée dans la même catégorie que la fête des mères...
Chez moi, c'est l'arrivée de ma fille qui a tout changé. Avant, je voulais travailler, j'avais fait les études pour. Et puis à la reprise du travail à la fin du congé maternité, j'ai réalisé que ce n'était pas ce que je souhaitais vraiment. J'ai eu ensuite un garçon et je suis maintenant en congé parental. J'apprécie, parce que c'est ce que j'ai choisi, avec l'accord de mon mari. Il continue à faire la cuisine parce que ça lui plait. Au niveau financier, ce n'est pas rose tous les jours mais je m'en accommode car c'est une situation temporaire, je reprendrai le travail fin 2012 ou début 2013. La couture me permet de m'évader de mes journées de maman à la maison, je souffle, ça me détend. Internet, c'est chouette aussi pour ça : on peut discuter avec d'autres adultes, j'ai moins l'impression d'être seule (solitaire de nature, cela me pèse quand même parfois). Mon mari aime aussi bricoler, il est un peu touche à tout et fait de la peinture sur figurines, des films d'animation... Il a donc aussi les regards en coin des gens qui ne comprennent pas l'intérêt du DIY et des activités créatives !
J'appréhende la reprise du travail et j'admire les mères de famille actives !
Pour ce qui est de l'écologie, je fais ce qui ne me coûte pas de faire : allaitement oui, mais couches lavables, ce n'est pas pour moi...
J'essaye aussi d'élever mes enfants sans faire de distinction fille/garçon, mais c'est difficile !!! Tout est prévu pour les différencier dans la société de consommation. Ma fille a eu des playm*bils à noël : une femme et tout ses accessoires de cuisine...
La dernière fois que j'ai discuté avec ma grand mère, nous avons parlé du nombre d'enfants. Elle a souffert d'en avoir 4 et me conseille de m'arrêter à 2, puisque moi je peux choisir !
Sinon, quand je travaillais, je me souviens d'avoir dit à une voisine en congé parental : "c'est bien quand on peut le faire !" et maintenant, c'est une phrase que l'on me dit...
Voilà, c'est comme ça que je voudrais résumer mon propos : chaque femme devrait pouvoir choisir de travailler ou non, comme elle le souhaite. Pour les loisirs créatifs, on va dire que je me fous de ce qu'en pensent les autres. En général, s'ils prennent le temps se s'intéresser à ce que je fais vraiment, ils trouvent ça beaucoup moins ringard.

Myriam ArbreMagique (il y a 5 années, 8 mois)

Je me suis posées toutes ces questions a plusieurs périodes de ma vie. J'ai fait des études plutôt masculines, j'ai souvent été la seule fille dans une classe de 40. Cela ne m'a jamais posé problème et ne m'a jamais empêche de coudre et d'enfiler des perles.
J'ai un boulot dans l'industrie où les femmes sont sous représentées. Cela ne me pose pas de problème J'ai la chance d'etre d'une génération où l'égalité n'est pas une utopie. Je n'ai pas eu de mal ni avec mes profs, ni pour trouver du travail, ni pour avoir le meme salaire que mes collègues.

Tout a changé avec la naissances de mes enfants. Mes priorités ont changés. Le monde du travail m'a rejeté. (Je n'étais plus aussi disponible qu'avant). Et je n'envisageai pas de ne voir mon bébé que quelques heures par jours. Alors j'ai pris un congé parental. Au sein de mon couple cela n'a rien changé, même si mon mari aurait bien aimé prendre le congé lui aussi ...Je me suis régalé, j'avais le temps de m'occuper de mes enfants et de coudre. Je n'ai éprouvé aucune culpabilité.

Je suis retournée au travail à temps partiel. Sans réel plaisir ayant gouté le bonheur d'avoir le temps.
Je n'ai pas l'impression de sacrifier ma carrière: qu'est ce que 2 ou 3 ans sur une quarantaine d'années de cotisation ?
Par contre je ne reviendrais pas en arrière sur le fait de faire beaucoup de choses par moi-même. Je suis moins dépendante des industries vestimentaires ou alimentaires qui ne respectent pas l'humain. J'estime être plus féministe dans le sens de prise de pouvoir sur l'oppresseur en faisant couture et cuisine et allaitement qu'en allant gagner le même salaire que mon conjoint pour participer dans les mêmes proportions que lui aux charges du foyer. Une famille cela doit être aussi de l'entraide, chacun apporte des choses mais celles-ci peuvent être différentes. De plus les hommes ont le droit de participer aux taches ménagères même si leur femme est à la maison ....
Donc non le DIY n'est pas rétrograde ni anti-feministe.

P'tit poisson (il y a 5 années, 8 mois)

Le DIY que pour les nanas? Je ne pense pas, je crois juste que la bloggo n'est pas représentative du réel, les hommes ne créant pas un blog autour de leur loisir favori à tout prix. Mon chéri adore jardiner, il fait des boutures, bichonne ses tomates, cherche à susciter la curiosité des nos loupiots sur la nature.
La passion de mon "géant vert" tout comme la mienne pour la couture sont nos activités découvertes, ou plutôt redécouvertes dans un souci de p"rendre le temps".
Dans cette société où tout va vite, tout se démode à tout allure, où il faut être suréquipé pour être dans le coup, on aime passer ici un après-midi à couper du bambou pour créer un écrin pour des orchidées, là une journée à découper et coudre.
Pour nous, l'égalité n'est pas totale, mais c'est (pour le moment) un choix. Je suis à la maison afin d'avoir du temps pour nos trois enfants MAIS je mets également ce temps à profit pour me former en vue de la reprise. D'ailleurs je file, j'ai une copie à rendre sur les familles monoparentales...autre vaste sujet!

yassou (il y a 5 années, 8 mois)

j'aime bien ce débat ^^ Chez nous, je fais de la couture et Mr. de la mécanique, difficile de faire plus classique! ;) et je n'y voit aucun inconvénient, chacun son truc hein, l'essentiel étant d'y prendre du plaisir, chacun s'exprime avec les "outils" de son choix... Mais le jour où il y aura un enfant...force est de constater que la société voudra me renvoyer à la maison : depuis le début de ma carrière je n'ai jamais trouvé de boulot à temps plein et encore moins de stabilité professionnelle, alors que Mr. oui, donc le choix sera vite fait. Je me sens libre dans le couple, héritière de notre histoire certes, mais pas prisonnière comme ont pu l'être mes grands-mères. Par contre la société m'opprime et finalement j'ai plutôt l'impression que c'est une volonté "politique" qui ne nous laisse parfois encore pas de véritable choix de vie (travailler ou avoir une famille, telle est la question)... Quant à cette "Journée de la femme", ça me hérisse les poils...

atelier_jup (il y a 5 années, 8 mois)

C'est super intéressant de lire toutes vos réactions. Pour ma part j'ajouterais qu'il y a une différence entre revenir aux techniques de nos grand-mères et tenter de se rapprocher d'un mode de vie moins consumériste : à l'heure actuelle j'ai l'impression que de plus en plus d'options nous sont proposées, à nous de trouver le mode de vie qui nous convient et nous fait nous sentir bien, en adéquation avec le rythme de vie qu'on a, avec nos envies, et sans culpabiliser ! (je rejoins léna sur ce point)

Personnellement le fait de faire certaines choses moi-même (quelques produits d'entretien fait maison, de la couture, du tricot etc) me fait me sentir plus indépendante vs à vis du système actuel (même si ça joue sur des détails) et ne me prends pas beaucoup plus de temps, je me sens bien comme ça.

Mais je suis sûrement mal placée pour évoquer ces questions dans le cadre d'une vie de couple vivant sous le même toît, n'ayant pour le moment pas encore vécu cette expérience ^^

Christelou (il y a 5 années, 8 mois)

Après avoir lu l'article et vos réactions, j'ai souri. Il y a 9 ans, j'ai commencé à réfléchir à tout ça et il m'a fallu plusieurs années pour faire mes propres choix, choisir et assumer mon propre chemin.
Je partage beaucoup de vos avis et aujourd'hui ce qui doit être absolument préserver c'est le choix : c'est ce je veux pour ma fille. Qu'elle est le droit de porter une mini-jupe, d'avorter, d'allaiter, de donner des bibs, de mettre un pantalon bref vous m'avez compris.
J'essaie d'éduquer mes garçons et ma fille en leur inculquant qu'ils ont la même "valeur" dans la société. Ce sera ma goutte d'eau ...

eliflo (il y a 5 années, 8 mois)

Une discussion intéressante, pour la féministe que je suis depuis plus de 30 ans. Je voudrais répondre en particulier avec Lirbis, qui dit ne pas vouloir l'égalité en liaison avec le fait que les femmes et les hommes sont différents. Certes, mais il ne faut pas confondre égalité et similarité, différence et inégalités. On peut être égaux et différents. Tous les hommes ne sont pas semblables non plus,ni toutes les femmes d'ailleurs, mais on peut dire en étant à peu près sûre de ne pas que tromper qu'ils et elles se conforment plus ou moins à des modèles sociaux de masculinité ou de féminité auxquelles ils et elles s'identifient et qui font pression sur eux. Les différences sont loin d'être toutes naturelles. Elles sont au contraire bien souvent socialement construites et assignent les femmes et les hommes à être comme çi ou comme ça. Quant à la complémentarité, c'est une notion un peu piège car elle conduit à se contenter de l'existant justement à cause de ces différences socialement amplifiées. Elle entérine les inégalités. Dans les sociétés d'ordres, comme la société française d'Ancien Régime, la noblesse et le tiers état étaient présentés comme complémentaires. Au bénéfice de qui? Des dominants bien sûr!

Folies D'Anne (il y a 5 années, 8 mois)

Ah quel vaste sujet! mais tellement intéressant...
Pour moi il est sur qu il n'est pas toujours facile de tout assumer rôle de femme de mère d'épouse...Bonjour la culpabilité!!! on nous en demande énormément mais à chacun de faire son chemin, c'est ça l'essentiel!
Depuis l arrivée de ma fille j ai pris un congés parental, j ai pris le temps avec ma petite...et j ai essayé d en faire un max. Moi aussi j aime tt ce qui est naturel, et je me suis fait un peu débordé, je voulais trop bien faire. Donc il a fallu que je trouve un juste milieu...Et puis reprise du boulot... mais heureusement que j ai la couture, le tricot pour me détendre...pour laisser déborder ma créativité...
De plus en plus de gens sont en admiration dés que je parle de couture, par contre le tricot garde une image ringarde...

Enora (il y a 5 années, 8 mois)

C'est drôle parce que j'ai eu cette discussion avec une amie il y a peu. Elle me disait s'interroger sur le fait que la couture et le tricot pouvaient représenter une régression pour les femmes. Je pense que non (ça n'engage que moi), à partir du moment où cela reste un loisir, une détente. Réaliser un habit pour moi ou quelqu'un de ma famille, je le vis comme quelque chose de créatif, qui me fait plaisir (contrairement à faire un ourlet ou recoudre un bouton). Tant que je ne serai pas obligée de le faire pour des raisons pratiques, économiques ou sociales, cela restera un choix personnel, quelque chose d'agréable.
De la même façon, je comprends tout à fait qu'on puisse prendre plaisir à faire des bons plats pour soi et ses proches - ce n'est pas mon cas, c'est plutôt le domaine de mon mari chez nous.
En revanche, ce que j'ai du mal à saisir, c'est le plaisir à faire des lessives de couches... Certes, cela peut être un choix écologique, mais pour moi c'est un autre débat que celui du loisir et de la créativité (couture, cuisine, bricolage, etc.).
Idem pour l'allaitement, c'est encore autre chose. Pourquoi tout mélanger ? Allaiter ou non est un choix personnel, cela n'a rien à voir avec le fait de coudre ou de vouloir vivre "bio". Certes, cela empêche l'aide du papa pour tout ce qui concerne l'alimentation du bébé dans les premiers mois, mais cela ne l'empêche pas d'être présent par ailleurs et de faire d'autres choses. (Et quand il n'y a pas d'équilibre des "corvées", devinez qui stérilise les biberons, surveille les stocks de lait, etc. ?)
Quant à rester au foyer, c'est une solution qui ne me conviendrait pas, même si je râle de ne pas avoir assez de temps pour moi, mais ce peut être source d'épanouissement pour d'autres, hommes ou femmes d'ailleurs. Et comme c'est souvent le salaire qui est un critère de choix, cela reste un symptôme des inégalités hommes-femmes.
C'est vrai qu'il y a eu ces derniers temps une tendance à associer divers comportements féminins (ne pas travailler, allaiter, tout faire soi-même, vivre "bio", etc.), mais n'est-ce pas parce que ces personnes qui ne travaillent pas ont aussi plus de temps pour être présentes sur la blogosphère ?

léna (il y a 5 années, 8 mois)

pour le coté DIY de la couture et du tricot et du bricolage, on s'y retrouve toutes....
pour les questions allaitement et couches lavables, c'est différent...
mais si là certaines se posent la question du lien et du pourquoi mettre çà avec le reste et pourquoi polémiquer là dessus, c'est juste parce qu'E. Badinter l' fait avec son bouquin, de tout mélanger...
et qu'on se retrouve avec des étiquettes d'écolo dès qu'on fait un truc de la liste, ou d'extrémiste, ou de chez pas quoi...

La liberté, c'est faire ce que l’on veut, mais pas forcément adhérer à la liste complète! et d'avoir le droit de temps en temps de changer d'avis, aussi!

céline66 (il y a 5 années, 8 mois)

Je crois qu'il ne faudrait pas tout mélanger entre féministe et DIY. Le DIY reste du loisir créatif ! On a du temps libre alors on cuisine, on boulange, on coud, on bricole, ... Lorsque nos grands-mères faisaient la garde-robe de leurs enfants, ce n'était pas pour le fun de le poster sur un blog mais parce qu'elles n'avaient pas vraiment le choix et par soucis d'économie ! (c'est ainsi du moins que mes grands-mères me l'ont toujours présenté) Aujourd'hui, faire ses vêtements soi-même est un vrai LUXE que peu de femmes ou d'hommes peuvent se permettre ! Les beaux tissus sont chers ! Et lorsque l'on voit de jolies petites fringues pour nos bambins ou des tee-shirt à 2€ ou 3€ pièces dans certaines chaînes de magasins en Belgique, je peux vous dire que ça dissuade beaucoup de parents d'aller acheter un coupon ! C'est pourquoi, je ne suis pas vraiment d'accord sur ce rapprochement avec le DIY. Pour ce qui est de la maternité et du choix de maternage, je pense que chaque parent le vit à sa façon et selon sa propre sensibilité. Pour ma part, j'ai porté et allaité non pas par régression mais par une envie très forte d'avoir mon petit poussin tout contre moi. Les couches lavables,hors de questions ! Je pense que dans son discours E. Badinter appelle surtout à la vigilance. Nous avons des droits qui ont été durement acquis et nous ne devons pas les perdre, ni même régresser. Toutefois, pourrions nous peut être un jour ouvrir le débat sur toutes ces inégalités qui règnent encore dans notre société (et comme certaines le citer à juste titre l'inégalité des salaires) et qui continuent à négliger le travail de la femme. A titre d'exemple, dans mes recherches d'emploi, je me suis vue demander au moins une dizaine de fois qui garderait mes enfants lorsque ces derniers seront malades ! Ou bien si je comptais avoir d'autres enfants ! Oserait-on poser ces questions à un homme ?? Certainement pas ! Très bel article et très long débat ! Merci pour ce droit à la parole, ça fait du bien ! ;-)

Mon Souk (il y a 5 années, 8 mois)

De ce qui précède, je conclus que j'ai de la couture une approche résolument féministe : je ne couds ni utile ni économique, et quand je couds, les enfants mangent du surgelé, parce que mon mari est en train de faire de la musique.