Par Saki, le 08/02/2010 dans Discussions, Récits et témoignages
(le jour où j’ai foiré dans les grandes largeurs)
Pour l’instant, ça ne m’est arrivé qu’une fois. Et vu le temps qu’il m’a fallu pour m’en remettre, j’espère bien que ça ne se reproduira plus.
De quoi je parle ?
Et bien… De la fois où j’ai complètement raté un ouvrage en couture, voilà de quoi je cause.

Attention, hein ? Je ne vous parle pas des petites déceptions de la couturière (« Rha flûteuuh ! Ca ne tombe pas tout à fait comme que je voulais… »), ni des sauvetages de la dernière chance (vous savez, ces cas de transformation miraculeuse d’un futur chiffon en vêtement trop-hype-chouette-Chériiiiii !Viens-voir-ma-merveille !). Non, moi je vous parle de loupage total, de naufrage en 16/9 textile, de cataclysme à l’ombre de la machine. Je vous parle d’un truc irrécupérable, irrémédiablement foiré et qui m’a bien traumatisée (oui, carrément).
C’était une jupe. Je m’en rappelle bien parce qu’elle était la première étape d’un très brillant plan de renouvellement de ma garde-robe en 17 points.
J’avais décidé de créer un patron parfaitement ajusté à ma morphologie vallonnée (surtout au niveau de mon postérieur), avec des pinces et tout et tout. J’ai donc glané sur le net des directives pour construire un patron de jupe droite, toute seule à partir de mes mesures. Puis dans la foulée, j’ai fait une toile (la première de toute ma vie). Petite couturière devient grande pro, songeais-je, naïve, la larmichette à l’œil. Je l’ai essayée, j’ai soigneusement noté les modifications puis j’ai décousu la toile, reporté les changements sur mon patron parfait, gommé ce qui devait l’être et, enfin, précautionneusement rangé mon œuvre avant d’aller me vautrer dans les bras de Morphée, sereine.
Quelques jours après, phase deux : je me suis servi de mon patron de jupe droite pour dessiner un patron de jupe trapèze, puis j’ai reporté le patron sur ma jolie gabardine noire. J’ai coupé, surfilé toutes mes pièces, bâti toutes mes coutures, bref, j’ai fait les choses dans les règles de l’art. Ambitieuse, j’ai même pris la grande décision de coudre une fermeture invisible au moyen de mon nouveau pied magique. Je me suis lancée et j’ai cousu toute ma jupe en une soirée. Festival ! Je m’éblouissais presque, tellement j’assurais là…
J’ai compris qu’il y avait péril en la demeure dès que j’ai enfilé ma jupe. Elle était trop étroite et j’ai eu un mal de chien à remonter ma fermeture éclair. Aïe. J’ai couru devant le miroir et là, incrédule, j’ai constaté l’étendue du désastre : hyper serrée au niveau des hanches, ma jupe prenait de drôles d’aises sous mes fesses : elle faisait des plis dans tous les sens et surtout, un curieux bec pointé vers l’arrière et très peu seyant.
Argh !! Mais… mais… Mais mince de flûte !! Qu’est-ce que c’était que ça ?
Croyez-moi, j’ai essayé de la sauver, cette jupe. J’ai décousu, recousu, raccourci, re-décousu, remodifié, je me suis acharnée tant que j’ai pu mais rien n’y faisait. Rien n’y a jamais fait. Et c’est le cœur lourd que j’ai fini par abandonner.
Punaise, mon premier foirage total. J’ai été sérieusement sonnée par ce constat. D’habitude, j’arrivais toujours à sauver les meubles. Mais là non. C’était l’échec. intégral même, puisque je n’avais pas compris où j’avais raté le virage. C’est ça qui m’a le plus ébranlée : ne pas comprendre ce que j’avais fait de travers. J’ai envisagé mille possibilités mais jusqu’à aujourd’hui, je ne sais pas ce que j’aurais dû faire autrement.
Ca m’a franchement chamboulée. Après ça, j’ai eu une longue phase inconfortable faite de craintes irraisonnées, de pessimisme, voire d’un chouïa de paranoïa. Sale période, je peux vous le dire.
Ma jupe est restée là, près de ma machine, pendant des jours et des jours. Je ne savais pas bien quoi en faire. Et puis un jour, j’ai eu besoin de gabardine et j’ai coupé en plein dedans. J’imagine que ça veut dire que je me suis remise de mon échec. J’espère, en tout cas…
Et vous ? Ca vous est déjà arrivé, à vous aussi, de rater dans les grandes largeurs ? C’est dur, hein ? C’était une jupe aussi ? Vous en avez fait quoi ? Racontez-nous, vous verrez, ça soulage…




L’apprentissage de la couture
[Discussion] Dis-moi comment tu couds…
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Commentaires
Je pense qu’il y a erreur dans le nom d’auteur. Il me semble reconnaître la plume de Tasticotine et je suis sûre que c’est elle en photo.