Par papelhilo, le 30/06/2014 dans A la une, Needlenaute du mois

Vous l’avez sans doute repérée (malgré sa petite taille, vous dirait-elle !) grâce à son joli minois et à ses réalisations toujours délicates et élégantes … voici aujourd’hui The Tiny Tailoress !

pyjama kimono

Dans la vraie vie et sur le net, qui est “La petite couturière” ?

Bonjour ! Je m’appelle Alice, j’ai (très très bientôt) 26 ans, je suis graphiste et je vis en région Parisienne. Une de mes singularités est mon tout petit gabarit : 38 kg pour 1m53 , d’où mon pseudo « The Tiny Tailoress ». J’ai toujours souffert de ne pas trouver les vêtements de mes rêves à ma taille, et maintenant que je couds, c’est le pied ! Réaliser un vêtement bien taillé est le premier de mes soucis. Je suis nulle pour trouver des pseudos, d’ailleurs au départ je m’appelait Topaze, peut-être que vous vous en souvenez ? Finalement au moment de créer mon blog, la seule chose qui me paraissait avoir de l’importance, c’est que je suis un petit bout de femme qui en a ras-la-casquette des tailles standard excluant toutes les personnes plus singulières. Que cela se voit clairement ou non sur notre apparence, nous sommes tous et toutes uniques ! Moi, je suis minuscule. Et aussi je parle beaucoup ! (je préviens au cas où vous seriez pressés…)

Comment es-tu tombée dans la marmite couture ?

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours bricolé : dessin, peinture, pâte à modeler, maquettes, poterie, bijoux de perles, et j’en passe, je crois bien que j’ai tout essayé ! Ma mère, qui est (presque) aussi riquiqui que moi, se faisait faire des vêtements par une couturière, et gardait les chutes à la maison. Un jour je suis tombée dessus et  j’ai commencé à coudre des vêtements de poupées Barbie. Je devais avoir 8 ans, c’est devenu une vraie passion et j’ai fait ça jusqu’à l’âge de 13 ans ! Mes grand-mères m’avaient appris à coudre à la main, et plus tard une amie de ma mère m’a donné quelques cours de couture, et m’a appris à me servir d’une machine. Finalement je n’ai pas vraiment continué, et je me suis plutôt consacrée aux travaux graphiques. Et puis il y a un an et demi, après avoir fait dix magasins pour trouver un pyjama chic à ma taille sans succès, je me suis dit que je n’avais qu’à le coudre moi-même !  Ensuite j’ai eu d’autres envies, et c’est vite devenu une obsession…

extreme dresschemisier Vogue

Comment définis-tu ton style ? Où trouves-tu tes inspirations ?

J’ai des goûts assez contrastés. J’aime les formes simples mais élégantes, les vêtements indémodables et confortables et de couleurs neutres. Je dessine beaucoup et je m’appuie sur ma silhouette pour définir des lignes simples et flatteuses. D’un autre côté, je suis un peu bohème (même si ça ne se voit pas trop dans ma galerie), je porte beaucoup de foulards colorés et fleuris, j’ai des robes flashies et originales… J’essaye d’équilibrer sobriété et richesse, c’est ce qui me plaît le plus dans l’esthétique d’une tenue. Je surfe beaucoup sur Pinterest et internet en général, mais je me rends compte que finalement ce que je couds provient le plus souvent de souvenirs et désirs plus lointains. Il y a des choses que j’aimerais coudre dont j’ai envie depuis des années. J’aime beaucoup les projets qui mûrissent en même temps que je grandis. Je leur fais plus confiance qu’à mes envies du moment.

Quels sont tes points forts et tes points faibles ?

Que ce soit quand j’étais gamine, étudiante ou maintenant au travail, mon quotidien a toujours consisté à imaginer et réaliser des projets de création. C’est une démarche naturelle et je dirais même vitale ! En couture, je pars d’une idée et je me pose rarement la question de mes « capacités », mais je me dis plutôt « quels sont les moyens à mettre en œuvre » ou encore « que faut-il que j’apprenne à faire pour mener à bien ce projet ». Du coup je progresse assez vite en technique ! Parfois je me plante, et souvent je galère, ou plutôt je dois « bûcher » pour tous mes projets. Aussi, mon découds-vite me sert beaucoup, mais je n’arrête jamais d’apprendre.

Mon premier point faible est sans doute mon dos, qui me trahit souvent et m’oblige fréquemment à m’arrêter de coudre pendant plusieurs jours. D’un autre côté cela me force à être patiente, efficace et organisée… ce que je n’étais pas du tout il y a à peine 6 mois ! Et puis si je n’avais jamais mal au dos, je crois bien que je me lancerais dans des broderies de dingue et je ne sortirais plus de chez moi ! Mon autre point faible est mon étourderie. J’ai été capable à 8 ans de comprendre toute seule comment faire une coupe princesse pour une Barbie qui fait un « double E » de poitrine, par contre je peux monter une manche à l’envers deux fois de suite. Maintenant ça commence à aller mieux et je fais moins d’erreurs, mais il y a encore quelques mois c’était parfois l’enfer !

Plantain perlémaxijupe

Quel est ton chef d’oeuvre ? Ton échec le plus formateur ou le plus mémorable ?

Je ne crois pas que l’on puisse parler de chef-d’œuvre, mais ma veste Bellatrix m’a apporté beaucoup de fierté. Je n’avais encore jamais cousu de veste, et quand je l’ai eu finie et qu’elle m’allait bien, je me suis dit que tout le reste était possible ! J’allais pouvoir porter tout ce que je n’ai jamais pu trouver dans le commerce ! Et puis c’est aussi à ce moment là que je me suis rendue compte que ce n’était pas si dur de réaliser un vêtement soigné. Ces derniers temps j’ai d’ailleurs passé beaucoup de temps à apprendre des nouvelles techniques pour améliorer mes finitions et préparer des projets un peu costauds. Je suis un peu une geek de la couture en fait.
Mon échec le plus formateur est celui de ma première blouse Carme. Non seulement j’ai eu la flemme de faire une toile, mais en plus j’ai oublié de laisser une marge suffisante autour de la découpe du plastron qui m’aurait permis de le réduire au cas où. Malgré tous mes efforts pour rattraper le coup, la chemise était in-mettable car le plastron disproportionné et tout le reste un peu trop grand même avec mon habituelle gradation en 32. Finalement j’ai eu le courage de m’y attaquer à nouveau (merci à Annie Coton qui m’a harcelée pour que je ne lâche pas) et j’ai réussi à réaliser cette blouse à ma taille ! Un vrai bonheur ! Depuis je fais des toiles…

Parle-nous de tes projets !

Alalala j’ai tellement de projets ! C’est mon problème principal. Je sais exactement ce que je veux coudre dans les mois à venir, j’ai presque tous les tissus dont j’ai besoin, et j’ai même dessiné un planning qui m’emmène jusqu’à février 2015 environ, hum-hum.  Mais il y a un peu trop de choses dessus alors je vais devoir faire des choix. Je crois bien que je suis trop gourmande et trop exigeante ! Je voudrais faire de la lingerie, des robes corsetées, des pantalons et des manteaux !
J’ai aussi le projet de me créer des patrons de base de qualité et d’apprendre à m’en servir avec efficacité. Pour l’instant je bidouille avec un patron de base qui n’est pas très précis, et j’aimerais bien patronner plus sérieusement ! Je voudrais aussi me construire un buste. Ayant déjà testé le buste en scotch d’après le tutoriel sur T&N (qui n’a pas survécu longtemps le pauvre…), je commence à me demander si je ne vais pas me lancer dans la version plâtre et mousse expansible… on verra !
J’ai aussi envie de teindre mes tissus, de refondre mon blog, d’apprendre à tricoter et crocheter, broder et aussi me construire un métier à tisser. J’ai de quoi m’occuper … Il me faudrait plusieurs vies ! Ou alors trouver un mari très riche.

Quelle est ta phrase-leitmotiv en couture ?

« Rahhhh, ça va être à ma taille ! »

blouse Carme

Quelles sont tes marques et adresses préférées ?

Comme je ne couds pas depuis si longtemps que ça, je suis encore en pleine découverte des magasins de ma région, surtout qu’à Paris il y a beaucoup de choix ! Récemment j’ai eu l’opportunité de découvrir le super bon plan de Julie (alias Jolie Bobines) qui m’a emmenée sur le marché de Houille rencontrer Will qui vend de très beaux tissus. J’adore la créatrice Isabel Marant et je suis revenue avec un joli tas de coupons de sa marque à petit prix ! J’ai aussi eu un coup de cœur pour le tout petit magasin Sevilla Léon dans le 16e arrondissement, qui vend de chouettes tissus griffés. C’est là-bas que j’ai trouvé le façonné de ma robe Éloïse.

Après si on veut bien parler de marque de créateurs, je suis complètement fascinée par Valentino ! Cela résume mes aspirations je crois : sobriété et élégance mêlés à une richesse artisanale faite de détails exotiques ou d’une autre époque… Ahhhh Valentino…. L’autre jour d’ailleurs j’ai trouvé un magasin de tissus haute-couture qui vendait des dentelles de cette marque ! J’ai pleuré intérieurement après avoir vu le prix sur l’étiquette.

Et pour finir…

Je voudrais aussi ajouter que j’adooore Thread and Needles et cela depuis le premier jour, et j’aimerais tous et toutes vous remercier pour votre accueil et votre bienveillance. Je n’aurais jamais imaginé être intégrée aussi rapidement à cette fantastique communauté qui m’accompagne au jour le jour dans mon apprentissage de la couture. Et je suis très touchée d’être à l’honneur aujourd’hui. Je crois que ce que les rédactrices ont créé là est un lieu unique et incroyable, et je suis fière d’en faire partie et d’y contribuer…

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