Par papelhilo, le 19/05/2014 dans A la une, Needlenaute du mois

Rousse, ronde et rigolote : voilà comment s’auto-définit celle qui a pris un fromage pour nom de code couturesque !


Dans la vraie vie et sur le net, qui est Mimolette ?

Je vais peut-être te surprendre, mais Mimolette n’est pas mon vrai nom ! Ca aurait été marrant, mais dans le souci de m’offrir une vie normale, mes parents ont préféré m’appeler Julie (ah la la! Quel manque flagrant d’imagination !).Donc voilà, je m’appelle Julie, j’ai environ 4 ans en années chien de petite taille (je te laisse faire le calcul ou chercher sur internet la correspondance… ça me déprime un peu d’avoir autant de chiffres au compteur !!), je vis depuis un peu plus de 2 ans en Belle Bique (si tu lis ceci et que tu es belge, je suis désolée pour ce jeu de mots pourri… mais il me fait trop rire !!) dans une charmante petite ville à quelques kilomètres de Bruxelles, avec 3 poilus : Pistou aka le gros Maow, Sushi aka toutou carpette et Juju aka ma moitié (le classement est réalisé par densité décroissante de poils au cm2). Dans la vraie vie je suis chimiste (hé ho !! Pas de “Ouuuh”! Il en faut aussi! Et on n’est pas tous du côté obscur de la force !!) ce qui explique (en partie) ma complète nullité dans tout ce qui touche à la programmation, au design, au graphisme ainsi que mes techniques toutes personnelles quand il s’agit de couture ou de tricot !
J’ai créé mon blog « The Daily Mimolette », en octobre 2011 il me semble, parce que je trouvais l’idée de tenir un journal de mes bricolages amusante ! Quand j’étais petite j’adorais « faire semblant de » : d’être une créatrice de bijoux, d’être une banquière, d’être une vétérinaire, d’être une journaliste… Finalement ce blog ce n’est que le prolongement de ça … Une version plus adulte de “je fais semblant d’être journaliste “. Tant que ça m’amuse je continue !

Comment es-tu tombée dans la marmite tricot-couture ?

Je pense pouvoir dire que je sévis “officiellement” en couture depuis 2005, date à laquelle j’ai acheté ma première machine à coudre mais je dois avouer que mon rendement s’est considérablement amélioré en 2008 quand on m’a offert ma MAC actuelle (MACGyver de son petit nom). Cependant, comme ma moumine et mes grands-mères sont des couturières/tricoteuses aguerries, j’ai un peu baigné dans ces activités toute ma vie, et mes toutes premières réalisations datent de mes 6-7ans : une robe de bal et un pull pour ma Barbie ! Ma première activité manuelle d’adulte, ayant pour objectif de réaliser un accessoire porté par moi (précision qui a son importance !), a été le crochet. Alors je te plante le décor : c’était en 2000, le petit bonnet crocheté était hyper à la mode (merci la comédie musicale Roméo&Juliette…) et je ne sais pas pourquoi mais j’ai décidé d’en crocheter un moi-même. Du coup, première visite chez Phildar et forcément début de la fin de ma santé mentale et financière !! Je dois dire que, même après toutes ces années, rentrer dans un magasin de laine me procure toujours la même sensation d’excitation, ces murs de couleurs et de matières, ah la la ! C’est grisant et magnifique !! En gros on peut dire que j’ai commencé la couture et le tricot quand ces activités étaient encore des hobbies qu’on ne se vantait pas de pratiquer en société sous peine de passer pour la dernière des ringardes !! Je crois que je suis un peu une boulimique d’activités manuelles : j’ai envie de tout faire et de tout savoir faire pour pouvoir matérialiser toutes mes idées (même les plus farfelues !)… Du coup j’ai une liste d’objectifs qui s’allonge de jour en jour (et même parfois d’heure en heure). Alors comme ça, en vrac il y a : apprendre la sérigraphie, créer ma laine : du filage à la teinture, me lancer dans la broderie avec perles et sequins (type broderie de Lunéville), apprendre à faire de la dentelle, tenter le tissage d’un tapis, réaliser l’impression de mon propre tissu, apprendre à me servir d’une imprimante 3D ou d’un laser de découpe pour créer mes propres bijoux…Je pourrais continuer comme ça encore longtemps ! Mais ça te donne un peu une idée de l’enfer que je vis au quotidien ! Surtout quand on sait qu’il faut du temps pour dompter toutes ces techniques et que je suis du genre impatiente ! Je pense que je n’aurais pas assez d’une vie pour tout faire et ça me tue ! D’ailleurs, tiens, je vais en profiter pour lancer un appel: si jamais tu maitrises une de ces techniques et que tu as envie de faire de moi ton petit Padawan,n’hésite pas à me contacter !! (En échange je peux t’apprendre à synthétiser toutes sortes de molécules! Ca peut s’avérer utile en temps de crise …Ben quoi tu n’as jamais regardé Breaking Bad ??!).

Comment définis-tu ton style ? Où trouves-tu tes inspirations ?

Mon inspiration vient de tout et n’importe quoi: un film, une série, une affiche, unlivre, un magazine, une vitrine … Il n’y a pas vraiment de cohérence dans mes choix, et je suis incapable de me définir à travers un seul style, puisque je pioche un peu dans tous pour ne garder que ce que j’aime, ce qui attire mon oeil et ma curiosité. En gros mon style c’est le chaos ! Je pense que finalement je ne suis jamais passée à l’âge adulte et je continue à satisfaire la petite Julie de 8 ans qui adore les couleurs acidulées, les paillettes, les noeuds, les lapins, les froufrous, les trucs qui brillent et qui clignotent …Alors évidemment mes toutes premières créations étaient plutôt difficiles à porter au quotidien car elles étaient “too much”: je ne mettais aucun “filtre” à mes idées, j’y allais à fond. Comme par exemple avec ma robe à caniches roses, ou ma blouse à astronautes rétro (pas la peine de me supplier je ne prendrai pas de photos … je tiens à conserver le peu de crédibilité qu’il me reste !) … difficile de passer inaperçue là-dedans ! Maintenant j’essaie d’être plus pragmatique et d’éviter la profusion d’idées sur une seule pièce afin de réussir à l’intégrer dans ma garde-robe quotidienne. Il faut que ce soit à la fois original et/ou un peu marrant sans pour autant ressembler à un déguisement. En gros j’essaie d’apprendre la subtilité. Ce que je veux éviter à tout prix c’est de faire un vêtement qui ressemble plus à un projet de loisir créatif (avec des patchs, des rubans, des paillettes, etc.) qu’à un projet de couture/tricot, et qui, porté, ne laisse aucun doute sur le fait qu’il a été réalisé à la main (mais dans le mauvais sens du terme !). Depuis ce petit ajustement, niveau intensité créative, la grande majorité des pièces que j’ai cousues/tricotées ces dernières années ont été portées dans la vie de tous les jours sans trop de difficultés. D’ailleurs le premier short que j’ai réalisé (en 2009) a rendu l’âme cette année pour cause d’usure… Autant dire la plus belle mort pour un vêtement !

Quels sont tes points forts et tes points faibles ?

Ouh la la !! Tu as combien de temps devant toi pour que je te parle de tous mes points faibles ?? Car honnêtement même mes points forts sont des points faibles ! En fait je suis un paradoxe car je suis à la fois impatiente et jamais satisfaite … Faut m’imaginer en train de bricoler : je n’ai qu’une hâte c’est d’avoir fini mais je ne peux pas dire que c’est fini tant que je vois un petit défaut … C’est une histoire sans fin, un combat perpétuel contre moi-même !! (Car, oui ! Rien n’est jamais parfait ! Arrrrrgh !!). Donc il est clair que pratiquer la couture et le tricot m’a surtout appris à prendre mon temps, à prendre sur moi et à essayer de ne pas seulement savourer l’obtention du produit final mais également toutes les étapes de sa réalisation : comme dit Stevenson  « le voyage est plus important que la destination »… Bon, mais si je dois quand même essayer de définir mes points forts je dirais que j’ai une relativement bonne visualisation dans l’espace et de bonnes dispositions en math et en trigonométrie : c’est assez utile quand il s’agit de modifier un patron ou d’en créer un (aussi bien en couture qu’en tricot). J’ai aussi une logique qui m’est propre (qui a dit tordue ??!!) mais qui me permet de venir à bout d’un patron sans avoir besoin d’explications (ça devient intéressant quand on utilise des patrons Lekala et même des patrons Burda !). Enfin, de manière générale, je me donne toujours les moyens d’obtenir ce que je veux, ce qui en tricot et en couture, se traduit par l’apprentissage rapide de nouvelles techniques et méthodes de constructions : je ne choisis jamais un projet en fonction de ce que je sais faire, mais je développe mes compétences en fonction du projet que je veux faire !

Quel est ton chef d’oeuvre ? Et ton échec le plus formateur ou le plus mémorable ?

Partant du principe que rien n’est jamais parfait, c’est plutôt difficile pour moi de parler de chef d’œuvre concernant mes réalisations ! Néanmoins, il y a des créations dont je suis plutôt fière mais bizarrement ce sont celles que j’ai réalisées pour d’autres ! En fait je crois que ce que je fabrique ne prend sa valeur qu’à travers le regard des autres … J’aime ce que je fais mais j’ai toujours l’impression que ça ne vaut rien puisque c’est moi qui l’ai fait … Tu vois ? Ah ! Attends ! Le psy dans l’oreillette me dit qu’il semblerait que je souffre d’un léger complexe d’infériorité ! Il va falloir travailler là-dessus … Pour en revenir à la question : il y a 2 projets “ex-aequo” qui m’ont particulièrement marqués et dont je suis plutôt fière : la chemise en Liberty que j’ai offerte à mon papa pour Noël 2012 et la robe de mariée que j’ai cousue en 2010 pour ma copine Aline. Ce furent 2 projets techniques et minutieux qui m’ont donné des sueurs froides et qui ont fait appel à toute la patience qui était en moi ! Mais la récompense était à la hauteur. En ce qui concerne mes échecs, j’ai remarqué que leurs causes peuvent être classées en 2 catégories : les mauvais choix de patrons et les réalisations sans toile préalable. La dernière en date est ma jupe Anémone… Je trouvais le modèle joli mais il n’était pas du tout adapté à mon quotidien ET je n’ai pas fait de toile avant de me lancer pour limiter les dégâts… Petit à petit j’arrive à faire des choix plus judicieux mais je ne suis jamais à l’abri d’une rechute !

Parle-nous de tes projets

A ce niveau-là le neurone est limite en burn-out !! Depuis le début du mois je participe au défi MeMadeMay (c’est une première pour moi) et en faisant l’état des lieux de ma garde-robe, je me suis rendue compte que je manquais cruellement de « basiques » faits main : surtout des t-shirts, des pantalons et des gilets fins de couleur passe-partout. Donc mon premier objectif est de combler cette lacune. J’aimerais vraiment réussir à mettre au point une toile de pantalon parfaitement ajustée que je pourrais utiliser à l’infini. Ensuite je compte aussi réaliser quelques nouvelles vestes. Cela fait des plombes que je me dis ça sans jamais passer à l’action. Pourtant ça ne me fait pas vraiment peur puisque c’est avec ce type de vêtement que j’ai commencé la couture. Mais je suis juste une grande fainéante ! En couture j’ai également toujours le fantasme de me coudre une vraie robe de soirée/cocktail (parfaitement inutile quand on sait que mon idée de la soirée idéale c’est un MacDo/Ciné ! mais juste pour le plaisir… Et puis on ne sait jamais je pourrais peut-être la porter si un jour je suis invitée à une soirée chez l’ambassadeur !). En tricot j’ai 2 projets sur le feu, 2 pulls d’été à manches courtes : un en jacquard, l’autre avec un esprit petit mousse. Comme ce sont des modèles sortis de mon imagination leur réalisation est un peu plus longue et pénible (tricoter – détricoter– retricoter… tel est mon quotidien !) mais je pense qu’au final j’en serai d’autant plus contente !! Et surtout j’aimerais réussir à maitriser ma machine à tricoter pour pouvoir enfin réaliser mes gilets basiques en un clin d’œil.

Quelle est ta phrase-leitmotiv en couture ?

«Une étape à la fois » et « Si tu ne le sens pas, passe à autre chose et reviens-y plus tard ». Pour éviter de faire des boulettes (je suis une championne de la boulette) je décompose chaque réalisation en différentes tâches, c’est moins « traumatisant » que d’envisager la chose dans son ensemble. Et dès que je sens que je commence à m’énerver j’arrête le projet en cours et je passe à une autre activité. Du coup, forcément, il me faut plus de temps pour finir une réalisation mais je ne fais quasiment plus de boulettes irréparables ! Et de manière générale : « Ne couds jamais le soir ! » C’est une tradition, la soirée est toujours réservée au tricot !!

Quelles sont tes marques et adresses préférées ?

Je ne suis pas une groupie dans l’âme, donc je n’ai pas de marque de patron préférée. Je vais là où mes envies me portent et je me fie plus au design du patron qu’à sa marque. Cela étant dit, j’ai beaucoup aimé la dernière collection de Papercut Patterns, celle de République du Chiffon (même s’il est évident que certaines pièces ne sont pas adaptées à ma morphologie… Adieu magnifique pantalon Jacques !) et la robe Moneta de Colette Patterns. Mais dans l’absolu, je suis plus une utilisatrice des magazines Burda (et depuis quelques temps des magazines Ottobre et KnipMode) et des patrons pochettes (McCalls et Simplicity en tête). J’aime le fait d’avoir un large choix de patrons que je peux modifier à l’envie et un petit shoot mensuel d’inspiration ! Et puis je dois avouer que ce que j’apprécie aussi dans ces patrons « pas indépendants » c’est qu’en général ils sont moins utilisés que ceux qui le sont (indépendants…) ! Et que par conséquent il y a moins de risques de croiser une centaine de modèles identiques vu que le choix est beaucoup plus large !
En ce qui concerne mes adresses préférées, elles varient en fonction des fournitures que je recherche. Je commande pas mal sur internet (c’est plus confortable !) mais il y a quand même les incontournables à Bruxelles et ses alentours :
- Gotex : il faut fouiller mais on trouve des perles pour 5€/m ou moins(surtout pendant les soldes !!), ils ont aussi tout un stock de boutons rétro super jolis et pas chers !

- Berger : sans doute le magasin le plus glauque dans lequel j’ai pu rentrer ! Mais avec le temps je m’y suis habituée et j’aime beaucoup y aller ! Mes deux rayons préférés sont celui des sergés de coton et celui des popelines de coton (ces 2 qualités sont disponibles dans toutes les couleurs de l’arc en ciel). Ils vendent également les cônes de fil pour surjeteuse les moins chères du coin (2€ le cône).

- Stragier : pour son choix très honorable en Liberty, sa proximité et ses soldes régulières très intéressantes (valables aussi lors de commandes en ligne… il faut juste braver leur site internet pas du tout convivial !)

- Chez Thérèse : pour la laine et en particulier la marque DROPS. Elle propose pratiquement toutes les qualités et tous les coloris et si jamais on ne trouve pas en boutique le produit que l’on a vu sur le site, elle nous propose immédiatement de nous le commander ! Je n’ai jamais été déçue du service et dès que je peux j’y passe pour rêver devant toutes ces étagères remplies de pelotes !

- Les Stoffen Spektakel : rendez-vous incontournable de la couturière ! J’essaie de m’y rendre dès que le marché s’installe près de chez moi. J’y fais le plein de matériel de couture (bobines, papier à patron, zip, etc.) et de tissus de toutes sortes (il y a en général un sacré choix en jersey à motifs et des fins de rouleaux de tissus de créateurs à prix cassés).

Le mot de la fin…

Pour finir je voudrais profiter de l’occasion qui m’est donnée pour remercier la communauté Thread&Needles ! Grâce à elle j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes hobbies que moi (et ce n’était pas évident à trouver dans mon entourage au début !) et que je pense pouvoir appeler « amies » maintenant (attention minute sentimentale !!) J’espère continuer d’y découvrir de nouvelles choses et d’y trouver de nouvelles sources d’inspiration pendant encore longtemps ! Et merci également d’avoir fait de moi la needlenaute du mois de mai 2014 !! hihi hi *rires aigus et gênés*. J’espère juste que ça n’implique pas une quelconque séance photo à moitié nue, hein ! (humm… je crois que je confonds avec la playmate du mois chez Playboy ! hi hi hi).


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