Par papelhilo, le 15/01/2014 dans A la une, Needlenaute du mois

La needlenaute de janvier vit dans un univers un peu rétro et plein de couleurs acidulées ; elle coud, tricote, chapeaute et travaille le cuir à chaussures … L’avez-vous reconnue ?!

Qui est Tassadit dans la vraie vie ?

J’ai 31 ans, je suis née à Bruxelles et j’y ai toujours vécu. J’y suis prof d’anglais et de néerlandais dans le secondaire. Tassadit est mon deuxième prénom (c’est un prénom kabyle : ma mère est algérienne et mon père belge), je préfère garder secrets le premier et mon nom de famille à cause de mon métier. En plus de la couture et du tricot, j’apprends à faire des chapeaux et des chaussures. Je rêve d’être capable de fabriquer moi-même tous mes vêtements, chaussures comprises.

Peux-tu nous parler de ton tout jeune blog ?

Je lis des blogs de couture/tricot depuis des années et j’étais tentée de commencer le mien, sans oser franchir le pas : est-ce que je tiendrais le coup plus d’un mois, qu’est-ce que j’y raconterais exactement, est-ce que ce ne serait pas un exercice trop narcissique… ? Depuis des années aussi, j’avais envie de participer au Me-Made-May, mais je n’osais pas me lancer parce que je n’avais pas assez de vêtements faits main. À l’approche de mai 2013, j’avais enfin une garde-robe qui me permettrait de me lancer ce défi. Je me suis dit « c’est maintenant ou jamais, » et j’ai ouvert mon blog dans la foulée ! Il a à peine neuf mois, mais il m’a déjà permis de créer beaucoup de liens et de partager énormément. Et j’adore le fait d’avoir une espèce de cahier virtuel de mes créations. Aussi, je me suis rendu compte qu’il me motivait à créer plus : là où j’avais tendance à procrastiner, je suis devenue plus assidue et j’ai vraiment augmenté ma production couture et tricot.

Comment es-tu arrivée à la couture et au tricot ?

Le tricot est venu le premier : à quinze ans, j’ai demandé à ma mère (que je n’ai jamais vue tricoter, mais dont je savais qu’elle l’avait appris étant petite) de m’apprendre. Pendant des années j’ai tricoté une écharpe par hiver, en dehors de ça tout me paraissait insurmontable. Puis j’ai découvert le monde du tricot sur internet, et petit à petit j’ai osé m’aventurer au-delà des écharpes et j’ai commencé à tricoter beaucoup plus. Pour ce qui est de la couture, c’est quelque chose que j’ai toujours rêvé d’apprendre, sans jamais trouver de cours qui s’accorde avec mes horaires. Je me suis acheté une machine à coudre avec mon premier salaire d’enseignante, sans savoir coudre, et là aussi internet est arrivé à la rescousse : en même temps que le monde du tricot sur internet, j’ai découvert celui de la couture, et de tutoriel en tutoriel, aidée aussi par quelques livres de projets pour débutants, j’ai appris à coudre jusqu’à en arriver à ne plus jamais acheter de vêtements.

Qu’est-ce qui t’inspire ? Quel processus t’amène jusqu’au résultat final ?

Je suis très inspirée par la mode ancienne et vintage, de 1900 aux années 1970, avec une préférence/obsession pour les années 1920, 1940 et 1970. J’aime feuilleter ma collection de magazines féminins anciens et regarder des films ou séries qui se passent dans (ou qui datent de) ces années-là pour m’en inspirer. Lorsque j’entreprends un projet, je commence en général par repérer un patron qui me plaît, je réfléchis ensuite au tissu/à la laine que je vais utiliser et aux détails que je vais y ajouter. Je pourrais passer des heures à chercher des associations patron/tissu dans ma collection (ou en magasin, mais cette année j’ai décidé de freiner fortement l’achat de tissu sous peine d’être ensevelie sous les coupons!). J’ai en permanence des dizaines de projets en tête, mais comme tout le monde trop peu de temps que pour en réaliser plus qu’une infime partie.

Peux-tu décrire ton style ?

Euh, je dirais féminin, vintage, rigolo ? Et coloré, on me le dit très souvent dans le monde gris/noir/bleu marine dans lequel j’évolue !

Quels sont tes points forts et tes points faibles ?

Mes points forts sont la patience, la persévérance et la créativité : je ne rechigne jamais devant les finitions à la main (bon j’avoue, j’adore ça !) ou autres détails chronophages (je n’ai jamais découpé un patron de ma vie, je les décalque toujours), je n’abandonne jamais tant qu’il reste même un micro-espoir et je ne suis jamais en panne d’idées. Je suis aussi très méticuleuse, trop parfois en fait, donc je vais mettre ça entre les qualités et défauts. Pour ce qui est de mes points faibles, je suis donc méticuleuse au point d’être borderline obsessionnelle, lente (très certainement à cause de ce côté obsessionnel), paresseuse (même si j’ai très envie de coudre, j’ai vraiment du mal à quitter mon canapé pour la machine à coudre – heureusement que le tricot est là pour rentabiliser les nombreux moments où l’appel du canapé est le plus fort), et je manque souvent soit de confiance en moi, soit de curiosité, ce qui fait que je tente rarement des techniques nouvelles. Je ne découvre une technique que quand un patron qui me plaît l’exige, jamais pour la technique elle-même. Mais j’ai décidé de m’améliorer un peu de ce côté-là et je suis par exemple en train d’ajouter des boutonnières passepoilées à un manteau qui n’en comportait normalement pas.

Quels sont tes patrons préférés ? tes matériaux préférés ? tes adresses incontournables ?

Mes patrons préférés sont sans conteste ceux de Deer&Doe, qui correspondent parfaitement à mon style, talonnés par ceux de Sewaholic et Colette, mais aussi de Burda, chez qui je trouve toujours mon bonheur malgré les explications plus que brumeuses et les marges de couture non-incluses. Côté tricot, ma créatrice préférée est sans conteste Andi Satterlund : j’aime et je compte faire quasiment tous ses patrons ! Mes matériaux préférés sont le coton pour la couture et la laine pour le tricot. Et les matériaux naturels en général, même si je suis loin d’être intégriste de ce côté-là. Il m’est par contre indispensable que tous mes vêtements puissent être lavés à la machine : chez moi, pas de matière nécessitant d’être lavée à la main ou au nettoyage à sec. À Bruxelles, les magasins incontournables sont selon moi pour le tissu Gotex et Berger, et pour la laine Chez Thérèse.

Présente-nous une belle réussite et un beau ratage !

Ma plus belle réussite doit être ma veste Minoru, que je porte tous les jours (sauf en plein été, mais le plein été est rare en Belgique) depuis quasiment un an et demi et qui me vaut souvent des compliments de gens qui ne se doutent pas que je l’ai cousue. Et mon plus beau ratage, mon gilet Crème de Menthe, quinze fois trop grand au départ et que je n’ai quasiment jamais porté même après en avoir repris au maximum les manches et côtés. Ou cette petite jupe noire si facile puisque je reprenais un patron déjà utilisé… sauf que je me suis rendu compte après avoir découpé le tissu que, contrairement à ce que je pensais, je n’avais pas rajouté les marges de couture directement sur le patron décalqué. La petite jupe noire si facile a fini à la poubelle.

Pour 2014, as-tu des rêves ? des projets ? des défis ?

Je suis plutôt contente de ma production couture/tricot de 2013, mais j’aimerais faire encore mieux en 2014 : produire un petit peu plus, mais en même temps éviter complètement les projets finis mais non portés. Plus aucun projet orphelin, de ceux qui ne vont avec rien dans ma garde-robe (j’en ai produit deux en 2013 et je compte bien cette année non seulement ne pas en produire d’autres, mais aussi trouver une solution pour les deux de 2013, que j’aime beaucoup en dehors de cela) et surtout plus aucun projet qui ne m’aille pas ou que je n’aie simplement pas envie de porter (là encore, deux en 2013). Mon principal défi sera évidemment de faire retrouver une taille raisonnable à mon stock de tissu gargantuesque, et de manière générale de garder plus d’ordre dans mon petit bout d’atelier.

Pour en savoir plus :

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