Par papelhilo, le 08/11/2013 dans A la une, Needlenaute du mois

Des coupes résolument simples avec des détails originaux (de quoi réconcilier les plus réfractaires avec les patrons japonais !) et des photos impeccables … La Thai qui Riz nous présente aujourd’hui son univers très personnel.

robe “une goutte de Bordeaux” – robe Safari

Qui est la Thai qui riz dans la vraie vie ?

Je suis Liz, j’ai 33 ans et je vis a Bangkok depuis 4 ans et demi. C’est ici que j’ai commencé à coudre et ouvert mon blog, il y a un peu plus d’un an. Je voulais un pseudo qui évoque a la fois la Thaïlande, souvent nommée “le pays du sourire” et ma passion pour la couture. Le nom La Thai qui Riz est donc un jeu de mots que l’on peut interpréter de différentes façons, j’aurais aussi pu l’écrire “la taille qui rit”.

Peux-tu définir ton style ?

Je n’ai pas un style mais plutôt des styles qui peuvent aller du casual, au vintage en passant par l’univers enfantin. La chaleur est une grosse contrainte, il ne fait jamais moins de 30 degrés toute l’année. Alors que je suis de nature frileuse, du genre a superposer les épaisseurs et marier les matières pour obtenir du volume, ici, une simple robe en coton, c’est déjà trop ! Pas question du coup, de l’associer à une veste, des collants ou même des chaussures fermées. Je me replie donc sur des modèles simples, des matières légères et faciles à porter au quotidien, tout en ayant parfois envie d’autre chose… de saisons notamment.

Qu’est-ce qui t’inspire ?

Les gens dans la rue, les films, les magazines, Pinterest, les blogs couture ou mode… l’inspiration est partout. J’essaie cependant d’ajouter mon grain de sel à mes réalisations, je n’aime pas le copier/coller. Pour moi, la couture est l’occasion de me différencier, porter des pièces uniques. Il y a des patrons que j’adore, que j’aime voir chez les autres, mais dont il y a déjà eu tellement de réalisations, que je n’ai pas envie de les coudre pour moi.

robe Menthe à l’eau – robe officier

Comment as-tu commencé à coudre ?

J’ai commencé à coudre il y a 3 ans. J’ai toujours aimé les activités manuelles et ma maman a eu l’idée d’une machine a coudre. Elle en a parlé à toute la famille et ils me l’ont envoyée de France pour mon anniversaire. A ce moment-là, l’offre des MAC récentes était très limitée sur le marché à Bangkok, depuis ça s’est développé. Au départ, je l’ai un peu boudée, ne sachant pas trop par où commencer … je ne savais même pas comment passer le fil ! Et puis tout s’est mis en place petit à petit. J’ai tout appris seule et chaque étape est une petite victoire. J’ai d’abord récupéré  des vêtements qu’on ne portait plus pour les transformer, des tee-shirts en jupes surtout. J’ai ensuite acheté des patrons en essayant de comprendre les dessins car les explications étaient toujours en japonais. Ça m’a obligée à avoir une démarche qui est peut-être un peu différente de celle de la plupart des couturières amatrices. Une fois que mon patron est découpé, toute la partie assemblage/montage s’effectue dans ma tête. Je fais des erreurs, mais c’est ma façon d’apprendre.

Quel est ton “chef-d’oeuvre” ? Ton plus gros ratage ?

J’aime bien mon pantalon Emile car c’est mon premier…Maintenant de là à dire que c’est un chef d’oeuvre … ! Je me suis beaucoup amusée à coudre les poches passepoilées. Je m’en faisais une montagne et pourtant, je les ai réussies du premier coup. Maintenant j’ai envie d’essayer d’en mettre sur une robe. A chaque fois que je découvre une nouvelle technique, ça devient une obsession. C’est le cas du passepoil aussi (mais je ne crois pas être la seule !). J’adore le résultat sur ma robe Jean & Gold. D’autre part, les pièces dont j’ai entièrement réalisé le patron me procurent plus de fierté que les autres, c’est le cas de ma robe-salopette en molleton par exemple. Les ratages, j’essaie de les éviter en faisant une toile à chaque fois que j’ai des doutes sur la forme. Du coup, quelques-unes sont passées a la poubelle. Il y a aussi certaines mailles que je n’arrive pas a dompter, même en ayant testé tous les réglages de la MAC et surjeteuse, ça ne marche pas !

Quels sont tes points forts et tes points faibles ?

Je pensais être patiente, la couture m’a appris le contraire. Au début, j’avais tendance à sauter des étapes pour arriver plus vite au résultat et passer enfin à l’essayage. Après quelques déceptions, j’ai dû me raisonner pour prendre mon temps et obtenir des finitions satisfaisantes. Depuis que je fais des toiles, j’y trouve mon compte : une première réalisation rapide pour mettre l’eau à la bouche et ensuite, la réalisation finale qui est plus soignée et solide pour durer dans le temps. Je note toutes mes idées dans un petit carnet. En général, je m’installe derrière ma MAC avec une idée très précise en tête, sur le tombé d’une robe par exemple. Le choix du tissu est donc fondamental et je peux passer des jours avant de me décider, en prendre un, le reposer, en imaginer un autre. Une fois que je suis décidée, plus rien ne m’arrête. Je suis capable de coudre, découdre et recoudre plusieurs fois avant d’arriver au but… jusqu’à en oublier de manger ! Pour la dernière version de ma robe officier, j’ai essayé 3 sortes de manches avant que l’allure ne me plaise.

robe tablier en molleton – pantalon Emile – robe Jean & Gold

Quels matériaux aimes-tu ?

Le coton bien sûr, qui est facile à travailler. J’aime aussi porter du jersey alors j’en couds de temps à autre. Je suis amoureuse du velours bien que ça ne soit pas très adapté au climat. J’en couds pour m’amuser, pour le plaisir de le toucher (pas pour celui de passer l’aspirateur, les bouloches du velours, c’est juste l’horreur !)

Quel est ton prochain grand projet ?

Coudre de la soie, il y a une offre assez large a Bangkok et je n’ai encore jamais essayé. D’autre part, je commence a préparer une nouvelle garde-robe, pour notre retour en France à la fin de l’année. J’y vois du velours, des lainages… peut-être un manteau.

Pour en savoir plus

son profil T&N

son blog