Par papelhilo, le 21/01/2013 dans A la une, Needlenaute du mois

Si elle était un animal, elle serait un hibou, si elle était une couleur ce serait un arc-en-ciel, et si elle était un vêtement elle serait sûrement une jupette … Notre needlenaute de janvier, c’est Clem-Oiseau !

Qui est Clem-Oiseau dans la vraie vie ? Et sur le net ?

Je m’appelle Clémence, j’ai 22 ans. Je viens de Belgique mais j’ai déménagé au Québec il y a 1 an et demi avec mon “chum”. J’ai étudié en philosophie puis en sciences politiques et là je termine une formation pour être archiviste. Je travaille dans un joli magasin qui vend des vêtements et accessoires de créateurs et je corrige des textes en français pour pouvoir m’acheter du tissu ! A côté de cela, je ne peux pas me passer de créer de mes mains, j’ai toujours été très attirée par l’art et l’artisanat.

J’ai commencé à bloguer en 2010, alors que je fabriquais beaucoup de bijoux en plastique fou. Le blog a suivi mes élans créatifs qui sont maintenant surtout tournés vers la couture.

Amatrice de jupes, ça on l’a remarqué, mais peux-tu définir plus précisément ton style ?!

Les jupes, et les robes ! Depuis que je vis au Québec, où les hivers sont quand même bien froids, dès qu’il fait un tout petit peu chaud, je suis contente de quitter les pantalons et les bottes de neige.

Je ne pense pas avoir vraiment un style défini… J’aimerais bien dire “folk” ou romantique, parce que ce sont des esthétiques qui me plaisent beaucoup, mais je ne suis pas capable de me restreindre à des teintes naturelles par exemple. Je finis toujours par acheter du tissu dans des couleurs pétantes ou avec des motifs improbables. En fait, on a déjà qualifié mon style de “rigolo” – c’est pas super classe ni forcément l’image que je voudrais donner, mais j’imagine que ça correspond bien à mon manque de sobriété. Cependant je fais des efforts, j’ai commencé une robe noire !

Où trouves-tu tes idées ? Comment mûrissent-elles ?

Comme tout le monde, je m’inspire de ce que je vois… Des vêtements en magasins ou portés par des gens, des blogs… Je suis pas mal obsessionnelle de Pinterest aussi. J’ai un petit carnet où je dessine souvent ce que j’ai en tête, pour garder l’idée. Après, ça se transforme suivant les patrons qui s’adaptent à ce que je veux faire et suivant le tissu que j’ai sous la main. J’ai l’impression que ce que je crée fonctionne pas mal comme du “recopiage raté” : je trouve une pièce géniale et je me dis que je vais m’en coudre une pareille, mais finalement j’oublie au fur et à mesure le modèle de départ en mixant plusieurs inspirations, en transformant mon idée au gré des contraintes techniques et des inspirations subites.

Plus je couds, plus j’ai de nouvelles idées pour coudre !

Comment es-tu tombée dans la marmite couture ?

Je voulais me faire des jupes depuis un moment, mais j’avais un peu peur de me lancer. L’impulsion est venue d’une amie qui cousait et qui m’a emmenée au Spectacle du tissu/Stoffenspektakel avec elle. Une fois que j’ai eu la matière première et la machine de ma mère qui n’avait jamais servi, je n’ai plus eu d’autre choix que d’essayer !

Quel est ton chef-d’oeuvre ? Ta tenue home-made la plus portée ? La cousette que tu ne referais pour rien au monde ?!

Hum, c’est évidemment exagéré de parler de chef-d’œuvre, mais je suis très contente des chemises et du pantalon d’homme. La dernière chemise que j’ai cousue est mon ouvrage le plus technique et elle est beaucoup portée, ce qui me rend très fière. Quant à ce que je porte le plus, il s’agit évidemment de jupes ! Ma jupe d’automne notamment, est portée très souvent. Comme quoi, deux rectangles de tissus et un élastique, ça peut être efficace. Il n’y a rien que je ne referais pour rien au monde pour le moment, pas de grand traumatisme encore ! Mais ça m’arrive tout de même très rarement de refaire exactement un modèle, j’aime essayer des choses différentes.

Quels sont tes points forts et points faibles ?

Je suis souvent assez contente de mes finitions, je peux passer beaucoup de temps sur des petits détails sans me lasser. Les surpiqûres, les ourlets invisibles et les coutures anglaises, j’aime. J’ai par contre des problèmes récurrents avec les tissus que j’achète. J’ai tendance à acheter au moins cher, en regardant d’abord la couleur et le motif plutôt que la qualité, ce qui donne de mauvaises surprises parfois quand le vêtement est beaucoup porté.

Sinon, ça peut paraître anecdotique, mais je mets un bordel pas possible lorsque je couds ! Je suis incapable de ranger mes affaires avant d’avoir complètement fini un projet. Comme je travaille plutôt par petits bouts par-ci par-là, ça fait de longues périodes de bazar… Je n’ai aucune patience pour prendre des photos pour mon blog, non plus. J’ai un petit appareil photo que je n’utilise sans doute pas bien, mais je n’ai pas le courage d’apprendre à m’en servir. C’est dommage parce que j’apprécie moi-même beaucoup les créations bien mises en valeur par de belles images.

Quelles sont tes matières préférées ? Les outils dont tu ne te passerais que difficilement ?

J’ai justement un problème avec les matières, qu’il faut que j’apprenne à mieux connaître. Ce qui me fait craquer, ce sont les beaux motifs originaux : les pois, les fleurs et les étoiles, sans préférence. D’un point de vue technique, je me passerais difficilement des options de ma MAC électronique. Même si elle est parfois capricieuse, sans doute plus qu’une bonne vieille mécanique, je me sers beaucoup des petits boutons pour régler la largeur et la longueur des points, des boutonnières automatiques et des points spéciaux pour tissus élastiques ou pour surfiler. Ah, et je ne pourrais plus vivre sans l’enfileur d’aiguille !

Des projets, des envies particulières, des défis à relever en 2013 ?

Après avoir fini une robe à gros pois et couleurs pétantes, je viens de prendre la résolution de coudre un peu plus d’uni et de sobre. J’ai envie de m’offrir des tissus un peu plus chers mais de meilleure qualité, pour des projets précis. Et j’ai appris à tricoter, j’aimerais être capable de me faire des accessoires chauds, plus utiles que mes petites jupes quand il fait -20 degrés en janvier !

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