Par lathelize, le 07/01/2013 dans A la une, Artistes & Créateurs, Récits et témoignages

Vous connaissez surement Belette Print ou, au moins, ses sacs ornés de radis, d’écureuils ou d’oiseaux ?

Nous avons demandé à Marie, la talentueuse needlenaute qui se cache derrière ce pseudo, de nous en dire un peu plus sur sa passion pour la gravure.

D’où vient ton pseudo Belette Print ?

« Belette » vient de mon nom de famille qui a tellement été déformé dans mon enfance ! C’est aussi un clin d’œil à l’inspiration animalière d’une grande majorité de mes gravures. « Print », facile à deviner, ça vient de l’anglais et ça signifie « impression » et dans mon cas, impression de gravures.

Comment as-tu découvert cette discipline ? As-tu pris des cours ?

J’ai toujours aimé dessiner sans jamais avoir pris de cours. Il y a 8 ans, quand je suis rentrée à Paris après mes études, j’ai profité du temps laissé libre par un boulot de nuit pour fréquenter pas mal de petits ateliers de découvertes de techniques artistiques organisés par les musées (modelage, fresque, mosaïque…)

Une amie m’a proposé de l’accompagner à un atelier de gravure au musée Carnavalet. Je ne savais alors rien de cette discipline. J’y ai découvert la taille douce à la pointe sèche et j’ai adoré !! C’est une technique de gravure en creux, sur plaque de métal, avec impression papier grâce à une presse spéciale appliquant une très forte pression. Ce genre de presse est très volumineux et onéreux. Quand je n’ai plus eu la possibilité de fréquenter l’atelier, j’ai du arrêter la gravure … jusqu’à il y a 2 ans. Mon ami cherchant une idée de cadeau originale m’a offert une petite presse pour gravure en relief. Je me suis donc lancée dans la gravure sur bois et surtout dans la linogravure (ce sont des techniques de gravure en relief et non en creux, la pression nécessaire à l’impression est donc moindre).
Très rapidement, j’ai eu l’idée d’utiliser cette technique sur tissu pour l’associer à la couture.

De quel matériel as-tu besoin ? Où peut-on le trouver ? Cela nécessite-t-il un espace particulier ?

Il faut :

• un support à graver : du contreplaqué japonais, du lino, de la gomme … il en existe une grande variété, je crois que je n’aurai jamais fini de les tester tous !
• de quoi graver le support : des gouges sont indispensables mais on trouve des kits de démarrage très abordables.
• un pigment : de l’encre pour textile ou de l’encre typographique
• de quoi l’appliquer : selon l’encre utilisée (rouleau, tampon mousse…)
• un support à imprimer, papier ou tissu par exemple…

Tout ce matériel se trouve dans les magasins de beaux-arts et dans une multitude de boutiques en ligne.
Comme pour toute activité manuelle, c’est toujours mieux d’avoir un espace réservé pour pouvoir « s’étaler » et ne pas ruiner son salon avec de la peinture. Ceci dit, avec un minimum de précautions  et en utilisant des encres lavables à l’eau avant fixation on peut tout aussi bien s’installer dans sa cuisine.
Vous me direz que je ne parle pas de la presse : elle n’est pas indispensable pour la gravure en relief ! La pression à appliquer est faible, les mains (voire les pieds) suffisent largement. La presse permet juste d’appliquer une pression régulière sur toute la surface de la plaque. D’autres petits accessoires peuvent être utilisés mais nous y reviendrons.

Tu imprimes sur du tissu que tu transformes en sacs merveilleux, notamment. Imprimes-tu sur d’autres media ?

Pour moi, le charme de la gravure est la grande diversité de tirages que l’on peut obtenir à partir d’une même plaque. Le résultat n’est jamais le même, le type d’encre, de papier, de tissu, le choix de la disposition des motifs … il y a une infinité de possibilités.
J’imprime surtout sur papier et tissu. Il est aussi possible d’imprimer sur cuir, sur bois … tout dépend de l’encre utilisée. Il suffit juste que la surface d’impression soit plane.

Quel conseil donnerais-tu à celles qui voudraient se lancer ?

L’essentiel, c’est de s’amuser et d’expérimenter par soi-même. L’investissement de départ étant faible, il n’y a rien à perdre ! Il ne faut pas avoir peur des ratés et ne pas se décourager si les premières impressions ne sont pas comme on les a imaginées. Chaque plaque, chaque support, chaque encre et chaque association de ces éléments doivent s’apprivoiser.

Amis needlenautes, réjouissez-vous, Marie est en train de nous préparer une série d’articles consacrée à l’impression sur tissu !

Pour en savoir plus sur Marie :