Par mathilde, le 29/09/2011 dans A la une, Discussions

Après une période de chômage de plusieurs mois, dont j’ai pleinement profité, couturistiquement parlant, je suis de nouveau, depuis un mois, une jeune active tentant de concilier un plein temps de 39 heures, les corvées du quotidien, et mes loisirs. Je me pose donc la question que se pose sans aucun doute 99% d’entre vous qui me lisez :

“En attendant d’être réincarnée en Wonder Woman, comment faire pour réussir à coudre malgré le peu de temps dont je dispose?”

Dès ma reprise du boulot, j’ai tenté de m’organiser pour ne pas être frustrée et réussir à coudre, parallèlement au travail, aux courses, au ménage, aux trajets, et aux moments tranquilles et vides, qui sont eux aussi nécessaires. Après un bon mois d’expérimentation, je vous livre ici les quelques clés qui me semblent indispensables pour résoudre cette équation :

1 – Je m’approprie un vrai coin couture.

Que ce soit une pièce entière pour les plus chanceuses, une petite table dans un coin ou le plateau d’une commode pour les moins bien loties, il me paraît indispensable de pouvoir disposer d’un petit espace sur lequel je peux laisser en plan mon ouvrage, et le reprendre, ne serait-ce que pour dix minutes, sans avoir à tout déballer.

2 – Je range mon coin couture.

Si, au fur et à mesure de la semaine, je balance dessus mes factures à régler, les tickets de métro usagés et les bouquins de la bibliothèque, arrivée au jeudi soir, où je pourrais me poser dix minutes devant ma machine, rien qu’à l’idée de devoir débarrasser ma table de couture de ce fatras qui l’encombre, je risque fort d’être découragée et de ne rien faire du tout! Bon, là, je parle de mon expérience personnelle : disposant de peu de place, j’ai dû choisir entre un bureau et une table de couture. Ayant évidemment choisi la deuxième, j’ai hélas tendance à la prendre pour le premier… Donc, j’essaie de m’organiser : une pile courriers/facture dans un petit coin, les documents importants dans les tiroirs, et le plan de travail entier dégagé et dédié à la couture. Pour celles qui ont un vrai atelier, ce point n’est peut-être pas à prendre en compte (mais comme le sondage TN a montré que nous étions une majorité de jeunes citadines, j’imagine donc que nous sommes donc aussi une majorité à vivre dans de petits espaces…).

3 – Je choisis des patrons simples et dans mes possibilités.

Simple ne veut pas dire simpliste et sans intérêt, hein, comprenez-moi bien : je veux dire que ce superbe patron de manteau avec 32 pièces à décalquer, une fente d’aisance, une incrustation dans le dos et un origami de tissu sur le devant, peut-être serait-il plus judicieux de le garder pour les vacances… Par contre, la petite robe avec un empiècement tout mignon et seulement 5 pièces différentes, je réussirai à la boucler en deux samedis après-midi, et ça me motivera à fond!

4 – Je mets à profit le moindre moment libre :

une soirée en solo? Je décalque le patron. Un trajet de bus? Je lis les explications du modèle et j’essaie de mentaliser la réalisation du vêtement, ce qui me permettra d’être au clair lorsque je me retrouverai devant mes pièces de tissus. Une demi-heure de creux pendant que la tarte aux poireaux cuit? Je repasse mon tissu, je prépare ma canette et j’enfile ma machine.

5 – Je me sers de ce que j’ai dans mon stock.

Si je passe mon seul après-midi libre à shopper de nouveaux tissus, ce sera un après-midi de moins passé devant ma machine. Une fois le stock bien descendu, il sera toujours temps de me prévoir une vraie journée shopping avec des copines, à courir les magasins et les merceries, en papotant de nos projets.

6 – Je fractionne la réalisation en étapes logiques

(d’où l’intérêt de lire à l’avance les explications du patron), en évitant de m’arrêter au beau milieu d’une étape. Samedi matin, je couds les dos et devants, lundi soir, je m’attaque aux manches, je garde l’ourlet pour vendredi en fin d’après-midi et les boutonnières pour le samedi suivant.

7 – Les détails délicats (le montage des manches gigot pour lesquelles il faut soutenir à fond, par exemple), je ne m’y mets pas le mercredi soir à 20h30,

alors que je n’y vois plus rien et que j’ai la fatigue de la journée dans les pattes. C’est la bourde assurée. Mieux vaut attendre le dimanche, où je pourrais me poser tranquillement et prendre le temps, et tant pis si je n’ai pas ma nouvelle robe pour crâner devant mes collègues jeudi matin!

8 – J’apprends à tricoter et crocheter.

Bah oui. On n’a pas trouvé activité plus facile à transporter, interrompre, reprendre, laisser en suspens. C’est la parade idéale pour les filles surbookées qui n’ont pas le temps de coudre, mais ont les doigts qui les démangent et plein d’envies de nouveaux vêtements. Des aiguilles circulaires afin de pouvoir glisser l’ouvrage dans le sac à main, quelques rangs le matin avant de partir, quelques mailles dans le métro, deux-trois diminutions durant la pause de midi, et hop, je me retrouve avec un nouveau gilet en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire!

Voilà mes grandes résolutions de rentrée, celles qui me permettent (pour l’instant!) de tenir le coup et de réussir à mener de front boulot ET passion. Parfois, j’ai cependant un sentiment d’inutilité, avec une grosse envie de ranger ma machine, de m’acheter une télé et des plats tout préparés, de me fournir en fringues jetables chez le suédois et d’arrêter de me prendre la tête à essayer de dégager une heure pour coudre une jupe volantée. Alors si vous avez d’autres conseils, d’autres idées pour s’organiser et se motiver, je suis preneuse (et je pense que je ne serai pas la seule)!